Soudain
急に具合が悪くなる
(Kyū ni guai ga waruku naru)
Prix d’interprétation féminine (Conjoint) – Cannes
2026

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Quelquefois, une seule rencontre peut changer toute une vie. Et c’est exactement ce qui arrive à Mari et Marie-Lou lorsque leurs destins se croisent par hasard au milieu d’un parc. Marie-Lou croule sous le travail ; Mari se bat chaque jour pour sa pièce de théâtre. Mais les deux femmes ont tant à partager qu’immédiatement, c’est un coup de foudre absolu, de ceux qui n’arrivent qu’une fois.
« Soudain » est le dernier long-métrage de Ryūsuke Hamaguchi. Déjà multi-primé pour ses précédentes œuvres (notamment « Drive My Car » et « Le mal n’existe pas »), le réalisateur cède cette fois-ci en partie sa gloire à ses deux principales actrices : Virginie Efira et Tao Okamoto, auréolées d’un double prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes. Outre son bilinguisme nippo-français remarquable, le duo fait preuve d’une tendresse, d’une intelligence et d’une complicité iridescentes, qu’importe l’heure de la journée ou de la nuit.
C’est sur ces moments de profonde amitié que se concentre une très grande partie du film, multipliant ainsi les scènes de partage et les discussions (parfois très intellectuelles) entre Mari et Marie-Lou. Les dialogues forment par conséquent un pilier de l’intrigue, des séquences entières faisant éclore les pensées personnelles et les réflexions philosophiques qui traversent les deux femmes. Les personnages secondaires (un adolescent, un comédien, une infirmière et d’autres encore) ne sont néanmoins pas en reste, toutes et tous apportant un regard enrichissant, que ce soit par l’attitude, la parole ou les gestes, sur ce film aux couleurs discrètement vives et doté d’une sensibilité douce et feutrée.
En prenant son temps par le biais de cette jeune amitié, « Soudain » développe ainsi une vaste thématique devenue sujet de société : l’aide à la personne. Que l’on soit du troisième âge, atteint d’une maladie, porteur d’un handicap, en fin de vie ou plus simplement près d’un point de rupture, l’on a toujours besoin de quelqu’un pour nous épauler, nous soutenir, nous accompagner ; et les aidantes et aidants (de métier ou de circonstance) en ont tout autant besoin. C’est une question d’humanitude – et surtout d’humanité.
Axel Chevalier

Problèmes. Théorie. Mise en pratique.
Tel est le programme de ce nouveau film de Ryūsuke Hamaguchi qui comme à son habitude nous embarque dans une longue découverte d’un monde auprès de personnages que l’on apprend à connaître et dont le rythme du film et sa densité narrative nous donnent l’impression à l’arrivée de les avoir connus. C’est une tranche de vie qu’il met en scène dans son cinéma de la parole, du dialogue (ici étonnamment bilingue auprès de deux interprètes qui ont respectivement dû apprendre la langue de l’autre) et de la compréhension progressive. Empruntant au théâtre, il laisse ses plans durer et axe à nouveau son intrigue autour d’une thématique décortiquée par le biais d’une rencontre fortuite et d’une représentation théâtrale catalytique. Le cinéaste japonais primé à Cannes a décidément son style bien à lui et sait offrir une expérience singulière, qu’il tourne au Japon ou en France cette fois-ci, bien que ce nouveau film soit plus porteur d’un message que d’une sensibilité.
Raphaël Sallenave
Sometimes, a single encounter can change a whole life. And that’s exactly what happens to Mari and Marie-Lou when their paths cross by chance in the middle of a park. Marie-Lou is buried in work; Mari struggles every day to get her play off the ground. But the two women have so much in common that it’s like love at first sight – the kind that happens only once.
“All of a Sudden” is Ryūsuke Hamaguchi’s latest feature film. Already a multiple award winner for his previous works (notably “Drive My Car” and “Evil does not Exist”), the director this time shares some of the spotlight with his two leading actresses: Virginie Efira and Tao Okamoto, who both won the Best Actress award at this year’s Cannes Film Festival. In addition to their remarkable Japanese-French bilingualism, the duo displays a radiant tenderness, intelligence, and chemistry, no matter the time of day or night.
A very large part of the film focuses on these moments of deep friendship, resulting in numerous scenes of shared moments and (sometimes highly intellectual) discussions between Mari and Marie-Lou. The dialogues therefore constitute a cornerstone of the plot, with entire sequences giving voice to the personal thoughts and philosophical reflections that run through both women’s minds. The supporting characters (a teenager, an actor, a nurse, and others) are by no means left out, however; each of them offers an enriching perspective – whether through their demeanor, words, or gestures – on this quietly vibrant film, imbued with a gentle, subdued sensitivity.
By taking its time to explore this budding friendship, “All of a Sudden” delves into a broad theme that has become a major social issue: personal care. Whether we are elderly, ill, living with a disability, at the end of life, or simply nearing a breaking point, we always need someone to stand by us, support us, and walk alongside us; and caregivers (whether by profession or by circumstance) need that just as much. It is a matter of human kindness – and above all, of humanity.
Axel Chevalier

Problems. Theory. Practice.
This is the premise of Ryūsuke Hamaguchi’s new film, which, as usual, takes us on a long journey of discovery through a world alongside characters we come to know, and whose rhythm and narrative depth leave us feeling, by the end, as though we’ve known them all along. He portrays a slice of life through his cinema of speech, dialogue (here surprisingly bilingual, with two actresses who each had to learn the other’s language), and gradual understanding. Drawing on theater, he lets his shots linger and once again centers his plot around a theme explored through a chance encounter and a catalyzing theatrical performance. The Cannes-winning Japanese filmmaker definitely has a style of his own and knows how to deliver a unique experience, whether he’s filming in Japan or, in this case, in France, although this new film conveys a message more than it conveys a feeling.
Raphaël Sallenave