Rsg Production

Spider-Man:

Brand New Day

 
 

2026

FR                   EN

 

Télémaque, Athéna et Ménélas se retrouvent quelque part entre le Ithaque et le Sparte des comics …

Voilà cinq ans que nous n’avons pas vu Spidey depuis les événements de « No Way Home ». Peter Parker, désormais oublié de tous, s’est lancé corps et âme dans la sécurité publique new-yorkaise faisant baisser d’année en année le taux de criminalité. Il capture du méchant, fleurit la tombe de sa tante, recapture du méchant, les années passent et les jours défilent. Le public l’adore mais il ne semble pas être au mieux de sa forme devant les stories de Ned & MJ, entre-temps partis au MIT sans le moindre souvenir de son existence. L’homme-araignée est devenu un loup solitaire, isolé, sans ami ni famille, rongé par les regrets.

Dans le sillage de l’excellent « Thunderbolts », ce quatrième opus des aventures de Spider-Man chez Marvel fait la part belle au mal-être super-héroïque à travers un personnage qui a mûri et une très bonne histoire personnelle sur les incessantes tentatives de Peter pour être une bonne personne, quel que soit le prix à payer sur le plan intime. « Brand New Day » s’impose ainsi comme un film plus mélancolique et introspectif dans l’une des trames les moins comiques et les plus émouvantes du protagoniste jusque dans la musique qui reprend le thème de la trilogie précédente en y enlevant certains accords et instruments pour refléter les gens désormais absents de sa vie – une bonne idée qui illustre le ton plus sombre et triste de ce film tout en conservant la mélodie d’origine et donc le cœur du personnage.

Thématiquement et structurellement le film n’a rien de révolutionnaire, certains développements peuvent même paraître assez prévisibles – ou dirons-nous cousus de fils blancs – par moments, mais ils fonctionnent néanmoins très bien dans un film abouti. Oui il reprend certains thèmes (la peur de l’oubli, le passage à l’âge adulte, la part de monstre en nous) à d’autres films du style comme les « Spider-Man » 1 & 3 de Sam Raimi, mais il en fait sa propre histoire. Spidey et Peter changent. Mais cette métamorphose est-elle uniquement physique ou aussi et plutôt psychologique ? Ce recentrement des enjeux sur une dynamique plus intime, offre à Tom Holland une partition plus sombre notamment à travers une relation avec MJ particulièrement réussie dont la complexité est portée par la prestation de Zendaya dans un excellent deuxième acte. Si le dernier acte apparaît moins achevé c’est qu’il sert plus l’arc d’un autre personnage joué par Sadie Sink que l’histoire personnelle de Peter qui est, elle, déjà conclue.

Mais si ce film sert aussi à introduire un nouveau personnage majeur dans la saga et qu’il est vrai que son inclusion pose finalement plus de questions sur la suite que sur l’histoire de Peter en elle-même, elle s’intègre néanmoins très bien dans l’intrigue et offre une psychologie d’antagoniste pertinente et intéressante – ce qui n’est que rarement le cas – notamment à travers des pouvoirs habilement dévoilés progressivement par l’intermédiaires d’autres personnes. Il faut dire que cet opus intègre bien les autres personnages du MCU qui apparaissent de manière cohérent au gré du récit – même s’ils ne sont pas fondamentalement utiles à la trame – sans jamais l’alourdir à l’image du professeur Hulk, de la nouvelle Black Widow et d’un Punisher qui est à l’origine de la plupart des moments comiques du film dans un rôle secondaire de luxe (qui démontre à nouveau après l’exécrable moyen-métrage qui lui était consacré quelques mois plus tôt, que Disney ne sait décidément plus comment utiliser ce personnage dans un rôle de premier plan).

Si le précédent opus s’appuyait exclusivement sur du fan-service (certes satisfaisant mais assez creux), les références sont ici principalement visuelles et non narratives à travers des plans qui rappellent des emblématiques planches ou couvertures de comics, ou encore des mouvements tout droit empruntés aux jeux Spider-Man de PlayStation par exemple. Destin Daniel Cretton laisse ainsi l’histoire porter son film jusqu’à l’évolution de personnage secondaire comme Ned qui passe du gars dans l’oreillette au vieil ami oublié. Le réalisateur de « Shang-Chi » met à nouveau en scène de spectaculaires séquences de chorégraphies d’action ou de balancements d’un immeuble à l’autre au gré d’une caméra virevoltante ouverte au vertige et aux plans embarqués – notamment dans un Glasgow transformé en Manhattan. Très plaisant au gré d’un rythme qui ne laisse pas voir passer ses 2h30, son « Brand New Day » réussit un juste équilibre entre action et introspection qui sort « Thunderbolts » de la solitude dans laquelle il se trouvait en tant qu’unique Marvel à la fois intelligent et divertissant dans cette trame post-Endgame.

Ce nouveau Spider-Man participe donc très clairement à la relance de la machine Marvel – en attendant le mastodonte « Doomsday » qui fera face à « Dune III » en décembre prochain – aussi bien d’un point de vue qualitatif que commercial. S’il n’est certes pas l’un des meilleurs de cette longue saga, il procure néanmoins l’indéniable plaisir de retrouver la qualité minimum à laquelle le studio nous avait habitué durant son âge d’or. Un plaisir couplé à une immense attente des fans décuplée sans nul doute par les récentes années de déceptions qui aboutissent ainsi à une véritable surprise au box-office : celle de devenir le tout meilleur démarrage de l’histoire (hors inflation) avec ses $360M en un week-end aux USA surpassant ainsi même « Endgame » (pas au niveau mondial : $932M vs $1,2Mds) qui était pourtant devenu un tournant dans l’histoire du box-office américain et mondial …

Raphaël Sallenave

PS : Au final, les deux films de comics de cet été semblent porter un message similaire : avant de sauver le monde, il est important de s’occuper de soi et de tout faire pour aller mieux. Mais les deux films (cf. Supergirl) ne portent pas ce message commun dans la même direction ou vers le même succès …

 

Telemachus, Athena, and Menelaus find themselves somewhere between the Ithaca and Sparta of the comics…

It’s been five years since we last saw Spidey following the events of “No Way Home.” Peter Parker, now forgotten by everyone, has poured himself into New York City’s public safety, bringing down the crime rate year after year. He catches villains, tends his aunt’s grave, catches more villains – the years go by and the days pass. The public adores him, but he doesn’t seem to be to be doing great dealing with the stories from Ned and MJ, who have since gone off to MIT with no memory whatsoever of him existing. Spider-Man has become a lone wolf, isolated, with no friends or family, filled with regrets.

Following in the wake of the excellent “Thunderbolts”, this fourth installment in Spider-Man’s Marvel adventures focuses on the struggles of being a superhero through a more mature character and a compelling personal story about Peter’s relentless efforts to be a good person, no matter the personal cost. “Brand New Day” thus stands out as a more melancholic and introspective film, featuring one of the protagonist’s least funny and most moving storylines – even down to the music, which reprises the theme from the previous trilogy while leaving out certain chords and instruments to reflect the people now missing from his life – a clever touch that captures the film’s darker, sadder tone while preserving the original melody and, thereby, the character’s essence.

Thematically and structurally, the film is in no way groundbreaking, and some plot developments may even seem rather predictable at times, but they nonetheless work very well in this overall accomplished film. Yes, it draws on certain themes – the fear of being forgotten, the transition to adulthood, the monster within us – from other films in the genre, such as Sam Raimi’s “Spider-Man” 1 & 3, but it weaves them into its own unique story. Spidey and Peter change. But is this transformation purely physical, or is it also – and perhaps primarily – psychological? This refocusing of the narrative on a more intimate storyline gives Tom Holland a darker role, especially through a particularly compelling relationship with MJ, whose complexity is brought to life by Zendaya’s performance in an excellent second act. If the final act feels less complete, it’s because it serves the story arc of another character played by Sadie Sink more than it does Peter’s personal story, which has already reached its completion.

But although this film also serves as an introduction to a new major character in the saga – and while it’s true that her inclusion ultimately raises more questions about the future of the franchise than about Peter’s story itself – it nevertheless fits very well into the plot and offers a relevant and interesting portrayal of the antagonist – which is rarely the case – particularly through powers that are deftly revealed gradually through other characters. This film actually does a good job of integrating the other MCU characters, who appear in a coherent way throughout the narrative – even if they aren’t strictly necessary to the plot – without ever weighing it down, with appearances for instance of Professor Hulk, the new Black Widow, and a Punisher who provides most of the film’s laughs in a high-profile supporting role (which demonstrates once again, following the dreadful short dedicated to him a few months ago, that Disney definitely doesn’t know how to use this character in a prominent role anymore).

While the previous installment relied exclusively on fan service (admittedly satisfying but quite lacking in substance), the references here are mostly visual rather than story-driven, through shots that are reminiscent of iconic comic book covers or frames, or even movements straight out of the Spider-Man games on PlayStation, for example. Destin Daniel Cretton thus lets the story drive his film, even showcasing the evolution of a supporting character like Ned, who goes from being the guy in the chair to a beloved old friend. The “Shang-Chi” director once again brings us spectacular sequences of action choreography and swinging from one building to another, captured by a whirling camera that embraces vertigo and on-body shots – especially in a Glasgow turned into Manhattan. Highly enjoyable thanks to a pace that makes its 2 hours and 30 minutes fly by, his “Brand New Day” strikes the right balance between action and introspection, pulling “Thunderbolts” out of the isolation it found itself in as the only Marvel film that was both intelligent and entertaining in this post-Endgame era.

This new Spider-Man film is therefore clearly contributing to the revival of the Marvel franchise – as viewers await the heavy hitter “Doomsday,” which will go head-to-head with “Dune III” this coming December – both in terms of quality and commercial success. While it’s certainly not one of the best this long saga has ever produced, it nonetheless delivers the undeniable thrill of rediscovering the baseline quality the studio had gotten us used to during its golden age. This excitement, combined with huge hype from fans – undoubtedly boosted by recent years of disappointment – led to a genuine box-office surprise: becoming the best opening in history (unadjusted for inflation) with $360M in its first weekend in the US, outperforming even “Endgame” (though not globally: $932M vs. $1.2B), which had since become a turning point in US and global box-office history…

Raphaël Sallenave

P.S.: In the end, the two comic-book movies of the summer both seem to convey a similar message: before saving the world, you need to take care of yourself and do everything you can to get better. But the two films (see “Supergirl”) don’t take this shared lesson in the same direction or toward the same level of success…

Spider-Man : No Way Home
Thunderbolts*
Across the Spider-Verse