Rsg Production

Supergirl

 

2026

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Loin de la vision de Zack Snyder, James Gunn a opté pour un univers DC beaucoup plus léger et coloré en lançant le renouveau de cet univers de comics l’an dernier avec son « Superman ». Après un premier opus sur le super-héros le plus célèbre de son catalogue, il fait le choix de laisser un personnage moins connu élargir l’univers à travers ce second film consacré à une figure féminine et une proche de Clark Kent pour pouvoir relier le tout. Et même en étant réalisé par un autre, la patte James Gunn se ressent bel et bien dans ce nouvel opus qui s’aventure dans le space-opera dont le style de science-fiction atterrit quelque part entre évidemment un « Gardien de la Galaxie » et un « Star Trek » dans le look des espèces aliens, des lieux et de l’atmosphère générale. Toujours très simpliste et enfantin dans sa trame, dans la continuité cohérente de cet univers, force est de constater que même si explorer l’étendue de l’univers dans le second opus après avoir établi son ton est plutôt une bonne idée, ce nouvel univers DC n’est décidemment pas parti sur des bases très solides …

Le message de fond n’est pas inintéressant en montrant que les jeunes filles peuvent être pleinement elles-mêmes avec toutes leurs imperfections et leur authenticité sans pour autant cesser d’être des héroïnes, que ces deux aspects ne sont pas mutuellement exclusifs, et que rencontrer des difficultés dans la vie n’empêche pas forcément de réussir. Le sous-texte met ici en valeur la force de la vulnérabilité et la puissance de l’humanité dans une intrigue où être une héroïne ne signifie pas nécessairement sauver le monde, mais aussi et plutôt se sauver soi-même. A l’image de la tagline du poster (Vérité. Justice. Et tout le blabla), ce « Supergirl » met en scène une excellente idée, celle d’une figure de super-héros désintéressée par sa vocation de super-héros, malheureusement pas exploitée adéquatement dans un film plombé par ses enjeux et personnages creux, binaires et fondamentalement inintéressants qui le rendent au final beaucoup plus assommant que plaisant malgré sa durée relativement courte.

Mais au-delà de ce fond intéressant inexploité, c’est surtout un film très inégal dont la trame principale s’avère beaucoup moins intéressante que ses flashbacks réservés à des moments d’introspection. La trame principale s’avère ainsi être plus celle de Ruthye que celle de Kara (alias Supergirl) – dans une dynamique un peu à la « True Grit » – ce qui n’est pas un problème en soi, car le film peut tout à fait suivre deux adolescentes plutôt que de se concentrer exclusivement sur la super-héroïne en tournée (dépressive) des bars, mais encore faudrait-il développer cet autre personnage sur lequel repose toute cette trame principale. On se retrouve alors avec absolument aucun personnage nuancé ou un minimum intrigant, de ces brigands anonymes et génériques dont le chef joué par Matthias Schoenaerts n’a absolument rien à offrir si ce n’est un horrible costume, à cet allié de circonstance joué par un Jason Momoa dont le jeu en roue libre apparaît plus ridicule que second degré tant son personnage est inutile à l’intrigue telle une pièce rapportée uniquement en vue d’autres films à venir.

En revanche, les bribes de l’histoire personnelle de Kara sont beaucoup plus prenantes et offrent enfin l’opportunité à Milly Alcock (House of the Dragon) d’étoffer sa palette de jeu. Que ce soit la scène de rencontre avec Clark ou les séquences sur Krypton et Argo, ces scènes profitent non seulement d’une langue étrangère (extraterrestre) sous-titrée renforçant le côté galaxie lointaine très lointaine, et nous plongent dans un trauma d’adieu adolescent qui a un fort potentiel malheureusement sous exploité.

Si au final ce « Supergirl » manque donc cruellement sa cible, il faut dire que si la mission de Craig Gillespie (Moi, Tonya ; Dumb Money ; Cruella) était de poursuivre le style du précédent opus dans une dimension quelque peu plus cosmique, la mission reste relativement remplie mais accouche par conséquent d’un début d’univers qui cimente de plus en plus sa futilité. Gillespie aurait-il alors trop cherché à imiter le style James Gunn ? Ce qui est sûr, c’est que pour un réalisateur qui change de genre à chaque film, il faut applaudir un tel éclectisme, mais regretter que son nouveau film s’impose facilement comme son plus faible. Dommage.

Raphaël Sallenave

PS : Au final, les deux films de comics de cet été semblent porter un message similaire : avant de sauver le monde, il est important de s’occuper de soi et de tout faire pour aller mieux. Mais les deux films (cf. Spider-Man) ne portent pas ce message commun dans la même direction ou vers le même succès …

 

Far from Zack Snyder’s vision, James Gunn went for a much lighter and more colorful DC universe when he launched the reboot of this comic book world last year with his “Superman”. After a first installment featuring the most famous superhero in the DC library, he’s chosen to let a lesser-known character expand the universe through this second film, which centers on a female character and a family member of Clark Kent to tie everything together. And even though it was directed by someone else, James Gunn’s touch is clearly evident in this new installment, which ventures into the realm of space opera, with a sci-fi style that lands somewhere between – obviously – “Guardians of the Galaxy” and “Star Trek” in terms of the look of the alien species, the locations, and the overall atmosphere. While the plot remains very simplistic and childish, very much consistent with the continuity of this universe, it’s clear that even though exploring the vastness of the universe in the second installment after establishing its tone is a pretty good idea, this new DC universe definitely didn’t start out on very solid ground…

The underlying message is thought-provoking, showing that young girls can be fully themselves—with all their flaws and faults—and still be heroes. It demonstrates that these two aspects are not mutually exclusive, and that facing difficulties in life does not necessarily prevent one from succeeding. The subtext here highlights the strength of vulnerability and the power of humanity in a plot where being a heroine doesn’t necessarily mean saving the world, but rather saving oneself. Just like the poster’s tagline (Truth. Justice. Whatever), this “Supergirl” brings to life an excellent idea – that of a superhero figure who is uninterested in her superhero calling – which, unfortunately, isn’t properly utilized in a film weighed down by its empty, black-and-white characters and plotlines that are inherently uninteresting, ultimately making it far duller than fun despite its relatively short runtime.

But beyond this interesting, untapped premise, it’s above all a very uneven film whose main storyline turns out to be far less compelling than its flashbacks, which are dedicated to intimate character insights. The main storyline thus turns out to be more about Ruthye than Kara (aka Supergirl) – in a way reminiscent of “True Grit” – which isn’t a problem in itself, since the film can certainly follow two teenage girls rather than focusing exclusively on the superheroine on her (depressive) bar crawl, but this other character on whom the entire main plot rests would really need to be further developed. As it stands, we’re left with absolutely no nuanced or even remotely intriguing characters, from these anonymous, generic bandits – whose leader, played by Matthias Schoenaerts, has absolutely nothing to offer except a hideous costume – to that unlikely ally played by Jason Momoa, whose over-the-top performance comes across as more ridiculous than tongue-in-cheek, given how utterly useless his character is to the plot – like an afterthought included solely for the sake of future films.

In contrast, the glimpses into Kara’s personal history are much more compelling and finally give Milly Alcock (House of the Dragon) the opportunity to flesh out her acting range. Whether it’s the scene where she meets Clark or the sequences set on Krypton and Argo, these scenes not only benefit from a subtitled foreign (extraterrestrial) language that enhances the far, far away galaxy feel, but also immerse us in the trauma of a teenage farewell – a theme with strong potential that is, unfortunately, largely underutilized.

So, while this “Supergirl” ultimately falls short by a few miles, it’s fair to say that if Craig Gillespie’s (I, Tonya; Dumb Money; Cruella) mission was to carry forward the style of the previous installment into a slightly more cosmic dimension, he’s largely achieved that goal – but the result is the birth of a universe whose emptiness is becoming increasingly apparent. Did Gillespie try too hard to imitate James Gunn’s style? One thing is for sure: for a director who switches genres with every film, such versatility deserves praise, but it’s a shame that his latest film easily stands out as his weakest. Too bad.

Raphaël Sallenave

P.S.: In the end, the two comic-book movies of the summer both seem to convey a similar message: before saving the world, you need to take care of yourself and do everything you can to get better. But the two films (see “Spider-Man”) don’t take this shared lesson in the same direction or toward the same level of success…

Superman
Dumb Money
The Marvels