Rsg Production

In Waves

 
 

2026

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Elle surfe, lui skate. Deux adolescents de Los Angeles bien différents mais qui partagent cette même passion de la glisse. L’un sur le bitume, l’autre sur l’océan. Et c’est de ce mouvement permanent que va naître leur lumineuse et éprouvante histoire d’amour que l’on va suivre sur une dizaine d’années dans ce beau récit d’apprentissage multiple : du surf à l’amour en passant par le chagrin dans un film d’animation sensoriel qui nous transporte dans un ensemble d’émotions variées sur lesquelles on ne peut que surfer entre remous réconfortants et dramatiques.

Adaptée de la BD d’AJ Dungo publiée en 2019, « In Waves » est une histoire très personnelle que la réalisatrice française Phuong Mai Nguyen (Culotées) s’est appropriée pour son premier long-métrage tout en tâchant de préserver l’essentiel, à savoir la pudeur et la délicatesse de ce récit d’amour fusionnel et de profonde admiration. Elle réussit ainsi à recréer l’équilibre entre retenue et pathos pour mettre en lumière la résilience qui émane de ce couple tout en orientant la narration vers cette urgence de vivre telle une ode à l’énergie de la jeunesse. Elle s’autorise donc à ne pas reproduire les graphismes de la BD et s’oriente vers un univers plus coloré et texturé.

A la bichromie aux tons pastel et turquoises de l’œuvre originale, la dessinatrice préfère ainsi des couleurs chatoyantes aux tons roses et azurs. Si elle garde l’expressivité du dessin d’AJ, sa poésie et son motif des vagues, elle propose sa propre interprétation de l’eau à travers d’ondoyantes scènes aquatiques et de magnifiques transitions qui transforment par exemple un drap en vague ou enferment l’océan dans une gourde sans oublier les traits d’un visage qui se matérialisent en vagues, jouant sur la proximité matérielle et graphique entre l’eau et l’encre. Une animation qui réussit à sublimer ce qu’elle raconte apparaît non seulement comme particulièrement appropriée pour le récit autobiographique d’un dessinateur, mais s’impose aussi comme l’âme d’un tel film.

La fluidité de ces transitions et la beauté de l’animation jouent ainsi sur la représentation de la mer pour faire ressentir cette sensation de glisse centrale au récit. Et cette dimension sensorielle se prolonge jusque dans une belle composition à quatre mains d’Oklou et Rob qui collaborent pour la première fois. A la croisée de la musique électro et orchestrale, leurs chœurs et nappes de cordes aériennes, leurs synthétiseurs enveloppants et leur piano grave forment une mélodie envoûtante qui confère une vraie poésie et profondeur au récit.

Au gré d’une narration qui se déploie sur trois périodes – chacune marquée par sa palette de couleurs et ses choix graphiques – « In Waves » entrelace l’intime et le sensationnel tout en remontant aux sources même de la discipline au cœur du récit. Dans un fort contraste avec la trame principale, le film entrecoupe ainsi son intrigue de séquences en noir et blanc qui retracent la mythologie du surf à Hawaï dans un intéressant contrepoint avec nos deux protagonistes même si cette dynamique ne vogue pas assez loin. Quant au récit non-linéaire dont la lumière évolue progressivement de l’éclatant au blafard pour refléter le difficile parcours des protagonistes, elle casse quelque peu un certain suspense pour privilégier l’image rayonnante de la surfeuse.

Ce choix de nous propulser auprès d’un AJ plus âgé dessinant leur histoire permet d’emblée d’anticiper l’apparition de la maladie et la lutte de Kristen, telle une marée inéluctable qui semble inlassablement couler vers le dramatique. Cette structure narrative construit ainsi un parallèle entre l’océan et le chagrin qui, au fond, viennent tous deux par vagues. A chacun alors d’apprendre tant bien que mal à tomber, à se relever, à tenir debout sur sa planche de vie malgré les remous, fragile peut-être, tremblant parfois, mais toujours en équilibre. Tel un courant d’émotions sur lequel l’on peut flotter, surfer ou se laisser submerger et emporter par le ressac, il y a de tout dans ce film du sublime au bouleversant.

Raphaël Sallenave

 

She surfs; he skateboards. Two very different teenagers from Los Angeles who share the same passion for riding. One on the streets, the other on the ocean. And it is from this constant movement that their radiant yet painful love story will emerge – a story we’ll follow over the course of a decade in this beautiful tale of multiple journeys of self-discovery: from surfing to love, through grief, in a sensory animated film taking us on a journey through a range of emotions that we can’t help but ride, from heartwarming to heart-breaking.

Adapted from AJ Dungo’s 2019 graphic novel, “In Waves” is a deeply personal story that French director Phuong Mai Nguyen (Culotées) has made her own for her debut feature film, while striving to preserve its essence: the modesty and tenderness of this tale of a deeply connected love and profound admiration. She thus succeeds in recreating the balance between restraint and pathos to highlight the resilience that radiates from this couple, while steering the narrative toward an urgency to live—like an ode to the energy of youth. She therefore chooses not to replicate the comic book’s artwork, opting instead for a more colorful and textured aesthetic.

Instead of the two-color palette of pastel and turquoise tones in the original work, the illustrator prefers iridescent colors in shades of pink and azure. While she keeps the expressiveness of AJ’s drawing, its poetry, and its wave motif, she offers her own take on water through flowing aquatic scenes and gorgeous transitions such as transforming a sheet into a wave or enclosing the ocean in a bottle, not to mention the lines of a face that morph into waves, drawing on the physical and graphic parallels between water and ink. An animation that succeeds in elevating its narrative not only seems particularly well-suited to an artist’s autobiographical story but also emerges as the very soul of such a film.

The fluidity of these transitions and the beauty of the animation thus draw on the depiction of the sea to evoke that sensation of gliding, which is central to the narrative. And this sensory dimension extends into a beautiful four-handed composition by Oklou and Rob, who are collaborating for the first time. Blending electronic and orchestral music, their harmonies and ethereal string layers, their immersive synthesizers, and their deep piano create a spellbinding melody that lends true poetry and depth to the story.

Through a narrative that unfolds across three time frames – each characterized by its own color palette and visual style – “In Waves” weaves together the intimate and the breathtaking while delving into the very origins of the sport at the heart of the story. In stark contrast to the main storyline, the film intersperses its plot with black-and-white sequences that revisit the mythology of surf culture in Hawaii, creating an interesting counterpoint to our two protagonists – even if this dynamic doesn’t go quite far enough. As for the non-linear narrative, whose lighting gradually shifts from bright to pale to reflect the protagonists’ difficult journey, it somewhat undermines the suspense in favor of highlighting the surfer’s radiant presence.

This choice to catapult us alongside an older AJ as he sketches out their story allows us to anticipate early on the onset of the illness and Kristen’s struggle – like an inescapable tide that seems to flow relentlessly toward disaster. This narrative structure thus draws a parallel between the ocean and grief, both of which, at their core, come in waves. It is then up to each of us to learn, as best we can, to fall, to get back up, and to stand firm on the surfboard of our lives despite the rough seas – perhaps fragile, sometimes trembling, but always holding our balance. Like a tide of emotions on which we can float, surf or get swept away by the undertow, this film offers everything from the majestic to the soul-stirring.

Raphaël Sallenave

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