Allah n’est pas obligé
(Allah is not obliged)
Meilleur long-métrage (Animation) – Bruxelles
2025/2026

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« Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ses choses ici-bas. » Citation du roman à succès d’Ahmadou Kourouma sorti en 2000 et dont ce long-métrage dessiné par Zaven Najjar est l’adaptation.
Et quel autre meilleur choix que celui de l’animation pour mettre à l’écran cette histoire (pas si) singulière ! Zaven Najjar ayant lui-même connu indirectement les horreurs et les mécaniques des guerres civiles et transnationales, il s’était déjà illustré dans son court-métrage « Un Obus Partout » puis dans « La Sirène » de Sepideh Farsi, avant de concrétiser ce projet qui lui tenait particulièrement à cœur.
Et on le comprend. Car « Allah n’est pas obligé », c’est le récit à la première personne de Birahima, un gosse d’une dizaine d’années à peine qui, par la sinistre force des choses, devient un enfant-soldat, transbahuté entre quatre pays d’Afrique de l’Ouest. Accompagné de Yacouba, habile bonimenteur vendeur de grigris, le jeune garçon perd brutalement son innocence.
Et le contraste est saisissant. Dans son adaptation, Zaven Najjar a ainsi entrepris d’être le plus réaliste possible en favorisant les grands angles afin d’englober le maximum de détails – même les plus sanglants – et en désaturant progressivement la polychromie d’abord splendide puis sordide des environnements. Si quelques scènes prennent peut-être plus de libertés, ce n’est que pour retransmettre autrement les émotions trop fortes que peut ressentir Birahima.
Et il en ressent des émotions, cet enfant-soldat. Malgré le sang, la violence et la mort, Birahima se lie d’amitié avec ses semblables, a même quelques bons moments et fous rires, et fait même preuve de fine ironie quant à l’absurdité de sa situation – se moquant parfois presque de ceux (et celles) qui l’embrigadent dans des conflits tentaculaires et difficiles à suivre.
Et pourtant, bien que l’animation instaure une certaine distance presque ludique, « Allah n’est pas obligé » narre l’horrible réalité des quelque 250 000 enfants-soldats enrôlés encore aujourd’hui aux quatre coins du monde. Birahima, arraché à sa famille et à ses rêves, n’est malheureusement qu’un bout de chair à canon parmi d’autres…
Axel Chevalier
“Allah is not obliged to be just in all His deeds here on earth.” Quote from Ahmadou Kourouma’s best-selling novel, published in 2000, which this animated feature film by Zaven Najjar adapts.
And what better choice than animation to bring this (not-so) unique story to the screen! Having himself indirectly experienced the horrors and dynamics of civil and transnational wars, Zaven Najjar had already made a name for himself with his short film “Un Obus Partout” and then in Sepideh Farsi’s “The Siren”, before bringing this deeply personal project to life.
And it’s easy to understand why. Because “Allah is not obliged” is the first-person account of Birahima, a boy barely ten years old who, by the cruel force of destiny, becomes a child soldier, shuttled between four West African countries. Accompanied by Yacouba, a smooth-talking seller of amulets, the young boy abruptly loses his innocence.
And the contrast is striking. In his adaptation, Zaven Najjar set out to be as realistic as possible by using wide-angle shots to capture as many details as possible – even the bloodiest ones – and by gradually desaturating the environments’ color palette, which starts out splendid but becomes increasingly sordid. While a few scenes may take more artistic liberties, it is only to convey in a different way the overwhelming emotions that Birahima might feel.
And this child soldier experiences a range of emotions. Despite the blood, violence, and death, Birahima befriends his peers, even has a few good times and bursts of laughter, and even displays a subtle sense of irony regarding the absurdity of his situation – at times almost mocking those who draft him into sprawling conflicts that are hard to comprehend.
And yet, although the animation creates a certain, almost playful distance, “Allah is not Obliged” depicts the horrific reality of the approximately 250,000 child soldiers still being recruited today in every corner of the world. Birahima, torn away from his family and his dreams, is, sadly, just one more piece of cannon fodder among many…
Axel Chevalier