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Beef
[TV] [Anthology]
Saison / Season 2
2026

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Après avoir transformé un simple accrochage routier en véritable guerre psychologique entre deux solitudes, « Beef » revient avec une deuxième saison qui change de cadre, de protagoniste et d’histoire pour délaisser quelque peu la rage et s’intéresser davantage aux relations qui nous construisent… et à celles qui finissent par nous détruire. Toujours créée par Lee Sung-jin et mise en scène notamment par Jake Schreier, la série – que l’on peut désormais qualifier d’anthologie – conserve son goût du mélange des genres mais change sensiblement de dynamique : seulement huit épisodes mais plus longs qu’en première saison, deux couples en miroir, et une histoire qui ressemble finalement davantage à un récit de rupture(s) qu’à une histoire de ‘beef’.
Exit le face-à-face entre celui qui n’a rien et celle qui semble tout avoir : les deux couples évoluent désormais dans un univers où l’argent circule, même si aucun n’en possède véritablement les clés. L’un en est proche, l’autre en constitue le dernier maillon, et c’est précisément cette position qui nourrit les jeux d’influence, les manipulations et les tentatives d’arnaque qui vont progressivement faire voler en éclats leurs certitudes. Derrière cette mécanique plus classique se dessine ainsi une réflexion toujours pertinente sur le capitalisme, l’ambition et les rapports de pouvoir, mais surtout sur le couple : que reste-t-il de nous lorsque celui-ci ne suffit plus à nous définir ?
Car si la première saison était celle de la rancœur, cette nouvelle salve est davantage celle de la peur de l’abandon. Elle fait tout pour être aimée et ne pas être seule ; lui agit constamment par amour. Deux manières différentes de s’accrocher à l’autre qui finissent par provoquer les mêmes fissures. Les rapports de force évoluent, les alliances se renversent et les costumes eux-mêmes semblent accompagner ces transformations notamment à travers une subtile inversion progressive des couleurs au sein des couples.

Moins immédiatement prenante, avec une première moitié qui met un peu trop longtemps à véritablement décoller, cette saison retrouve néanmoins son mordant dans sa seconde partie, lorsque les malentendus et les manipulations commencent à s’imbriquer. Le double duo constitué de Carey Mulligan & Oscar Isaac et Cailee Spaeny & Charles Melton aux côtés notamment de l’actrice de « Minari » et de l’acteur de « Parasite », livre de belles prestations portées par de très bonnes caractérisations de personnages et quelques savoureux retournements.
Pas aussi fulgurante que la première, mais toujours inventive, drôle et parfois profondément triste, la saison 2 déplace ainsi le ‘beef’ vers des dissentions en miroir au sein des couples : moins une guerre entre deux individus qu’une lutte pour savoir qui l’on est lorsque l’autre menace de nous échapper. Si la vengeance à partir d’un malentendu ainsi que l’ambition des personnages restent un socle de départ, cette saison s’oriente clairement plus vers une exploration des dynamiques de couple vues comme un produit inhérent au système capitaliste qui est ici vu autant comme un système du ‘moi’ qu’un système de la ‘nature’ où l’amour, au même titre que le reste de nos relations, doit y trouver sa place.
After turning a simple fender-bender into a full-blown psychological war between two isolated souls, “Beef” returns with a second season that changes its setting, protagonists, and storyline, shifting focus away from rage to explore the relationships that shape us… and those that ultimately tear us apart. Still created by Lee Sung-jin and directed in part by Jake Schreier, the series – which can now be described as an anthology – keeps blending genres but shifts its dynamic significantly: just eight episodes, though longer than in the first season; two mirror-image couples; and a story that ultimately feels more like a tale of breakups than a beef story.
Gone is the face-off between the man who has nothing and the woman who seems to have it all: both couples now operate in a world where money flows easily, even though neither truly holds the keys to it. One is close to it, the other is its lowest link, and it is precisely this position that fuels the power plays, manipulations, and attempts at fraud that will gradually shatter their certainties. Behind this more traditional narrative lies a reflection that remains as relevant as ever on capitalism, ambition, and power dynamics – but above all on the couple: what remains of us when the couple is no longer enough to define us?
If the first season was one of resentment, this new one is more about the fear of abandonment. One does everything she can to be loved and to avoid being alone, when the other always acts out of love. Two different ways of clinging to one another that ultimately cause the same cracks to appear. Power dynamics shift, alliances are overturned, and even the costumes seem to reflect these transformations, particularly through a subtle, gradual reversal of colors within the couples.

While not immediately gripping – with a first half that takes a little too long to really get going – this season nevertheless finds its spark in the second half, when misunderstandings and manipulations begin to intertwine. The two pairs of Carey Mulligan & Oscar Isaac and Cailee Spaeny & Charles Melton, alongside especially the actress from “Minari” and the actor from “Parasite”, deliver strong performances, driven by strong characterizations and a few thrilling plot twists.
Not quite as sensational as the first, but still inventive, funny, and at times deeply sad, Season 2 shifts the beef toward mirrored conflicts within couples: less a war between two individuals than a struggle to figure out who we are when the other threatens to slip away from us. While revenge stemming from a misunderstanding and the characters’ ambition remain a foundation, this season clearly leans more toward an exploration of couple relationships as an inherent product of the capitalist system, which is viewed here as much a system of the “self” as a system of “nature” – one in which love, just like all of our other relationships, must exist within.