Beef | Acharnés
Mini-série / Miniseries
Best Limited Series – Emmy
Best Lead Actor & Lead Actress (Limited) – Emmy
Best Directing & Best Writing (Limited) – Emmy
Best Casting & Best Costumes (Limited) – Emmy
Best Editing & Best Sound Mixing (Limited) – Emmy
Best Limited Series – DGA, WGA & Golden Globes
Best Actor & Actress – SAG & Golden Globes
Best Costume & Production Designs – CDG &ADG
Best New Series & Lead Performance – Spirit
2023

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En quelques années seulement, la société américaine A24 s’est imposée comme un acteur majeur du renouveau de la production et de la distribution indépendante hollywoodienne. Elle a notamment contribué à l’essor d’une nouvelle vague de cinéastes talentueux depuis leur première production « Moonlight » jusqu’à leur immense succès académique avec les sept Oscars de « Everything Everywhere all at once ». Mais elle ne s’est pas uniquement cantonnée au grand écran en produisant des séries originales comme « Euphoria » aux USA ou « Irma Vep » en France. Elle collabore ici avec Netflix pour cette mini-série délicieusement subversive qui voit un clash en voiture partir en vrille et provoquer une réaction en chaîne aux proportions démesurées. Si le concept mène tout droit à la comédie noire incisive, « Acharnés » surprend en livrant à la fois une étude de personnages et une étude sociale empreintes d’une profonde tristesse.
Créée par le scénariste Lee Sung-jin et réalisée par Hikari et Jake Schreier, « Beef » s’impose comme une série soignée et inspirée dont les courts épisodes (d’environ 30’) et le montage alternant constamment entre ses deux protagonistes tel un miroir sans tain, créent un rythme dynamique à la fois captivant et divertissant. Elle réussit à mélanger les tons et les équilibrer pour passer dans chaque épisode du drame au comique avec quelques élans thriller, et se distingue avec quelques éléments inventifs comme un ultime épisode plus conceptuel à la « Gerry » ou des affiches de titres illustrée de peintures originales et aux références multiples jusqu’à finir sur une citation de Jung. Son titre original qui signifie une querelle ou une rancune est ici servi saignant dans ce ‘Corean Psycho’ où le rire laisse finalement place à une étonnante affection assez déchirante pour ces jumeaux de rage superbement joués par l’humoriste Ali Wong et l’acteur Steven Yeun (Minari ; Nope ; Burning) aux côtés notamment de Young Mazino, David Choe et Joseph Lee dans les rôles de l’entourage de ces deux rivaux.

En temps normal, ces deux personnes n’auraient aucune raison de se côtoyer. Certes, ils sont tous les deux des trentenaires d’origine asiatique vivant à Los Angeles, mais l’un est un entrepreneur en galères continues avec en frère dont il a bien du mal à se séparer, quand l’autre est à la tête d’une florissante start-up amassant une richesse qui entretient sa famille tout en l’oppressant. Fous de colère, l’homme qui n’a rien et la femme qui semble tout avoir vont ainsi devenir meilleurs ennemis dans un engrenage de rage dépressive dont la haine est finalement ce qui donne à ces deux âmes perdues le sentiment de vivre.
« Acharnés » est ainsi l’histoire de deux solitudes à deux doigts de se percuter sur la route et dans la vie, tels deux versant du rêve américain qui commencent à l’opposé du spectre pour peut-être mieux se retrouver dans une collision de juste-milieu. S’il est quelque peu dommage de retourner dans un passé explicatif au lieu de laisser les protagonistes révéler eux-mêmes leurs prises de conscience, le scénario développe néanmoins d’excellents personnages dans une satire sociale du mal-être moderne qui transforme un simple accrochage routier en une véritable guerre psychologique. Entre lutte des classes et exploration de la rancœur humaine, la série profite également des communautés immigrées pour aborder la poursuite du bonheur, la question de l’héritage et la transmission des traumas dans une comédie noire qui vire au drame existentialiste. Êtes-vous vraiment au volant de votre existence ? Dans ce cas, où vous dirigez-vous ?
In just a few years, the American company A24 has established itself as a major player in the revival of independent Hollywood production and distribution. In particular, it has contributed to the rise of a new wave of talented filmmakers, from their debut film “Moonlight” to their massive Academy Award success with “Everything Everywhere All at Once”, which won seven Oscars. But it hasn’t limited itself to the big screen, producing original series such as “Euphoria” in the U.S. and “Irma Vep” in France. Here, they’ve teamed up with Netflix for this delightfully subversive miniseries, in which a car crash spirals out of control and triggers a chain reaction of epic proportions. While the premise points directly toward incisive black comedy, “Beef” surprises us by delivering both a character study and a social commentary imbued with a profound sadness.
Created by screenwriter Lee Sung-jin and directed by Hikari and Jake Schreier, “Beef” stands out as a well-crafted and insightful series whose short episodes (about 30 minutes each) and editing – which constantly shifts between its two protagonists like a two-way mirror – create a dynamic pace that is both captivating and entertaining. It successfully blends and balances different tones, shifting in each episode from drama to comedy with a few thriller-like twists, and stands out with inventive features such as a more conceptual final episode along the lines of “Gerry” or title cards illustrated with original paintings and laden with multiple references, ultimately ending with a quote from Jung. Its title is served up raw in this ‘Corean Psycho’, where laughter ultimately gives way to a surprising and rather heart-wrenching affection for these twins of rage, superbly portrayed by comedian Ali Wong and actor Steven Yeun (Minari; Nope; Burning), alongside Young Mazino, David Choe, and Joseph Lee, in the roles of the two rivals’ entourages.

Under normal circumstances, these two people would have had no reason to cross paths. True, they’re both Asian-Americans in their thirties living in Los Angeles, but one is an entrepreneur constantly struggling, with a brother who he finds it very hard to break free from, while the other runs a thriving startup, amassing a fortune that supports her family yet also weighs heavily on her. Driven mad by anger, the man who has nothing and the woman who seems to have it all will thus become best enemies in a downward spiral of depressive rage, where hatred is ultimately what gives these two lost souls a sense of being alive.
“Beef” is therefore the story of two solitudes on the verge of colliding on the road and in life, like two sides of the American Dream that begin at opposite ends of the spectrum, only to perhaps find each other more fully in a collision of the middle ground. While it’s somewhat frustrating to resort to flashbacks for exposition rather than letting the protagonists reveal their realizations on their own, the screenplay nonetheless develops excellent characters in a social satire of modern malaise that transforms a simple fender-bender into a full-blown psychological war. Straddling class struggle and an exploration of human resentment, the series also draws on immigrant communities to address the pursuit of happiness, the question of legacy, and the transmission of trauma in a dark comedy that veers into existentialist drama. Are you truly in the driver’s seat of your own life? If so, where are you headed?