Rsg Production

The Fin

 
지느러미– Jineuleomi

2026

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Difficile de résumer et de décrire en quelques mots ce long-métrage coréen. Post-apocalyptique, contemplatif, chromatique, immersif, mélancolique, fugitif, « The Fin » est un peu tout cela. Doté d’un style unique en son genre, le film dégage une ambiance incroyablement particulière ; et non seulement ça marche, mais ça marque.

« La Nageoire » (titre original et international de cette œuvre singulière), c’est l’histoire de Mia et de Sujin, deux femmes dont les trajectoires de vie se croisent par l’intermédiaire indirect d’un homme dont on ignore le nom. Ce dernier est un Oméga, un être humain contaminé par un mal inconnu et dont l’« espèce », potentiellement mortelle, est traquée et réduite en esclavage par et pour un régime coréen unifié, anti-futuriste et totalitaire. Cette Corée, littéralement emmurée, est en proie à une sécheresse absolue doublée d’une pollution extrême ; la mer y est donc interdite d’accès, hormis pour les Omégas, chargés de nettoyer ce qu’ils peuvent.

Large contextualisation pour justifier la richesse visuelle de ce film étonnant. Toutes les couleurs y paraissent inversées : la mer est d’un orange rougeâtre tandis que le ciel se teinte parfois d’un jaune violacé ; l’extérieur urbain est d’un gris bétonné étouffant alors que ce qui reste de nature apparaît ocre et âpre ; les intérieurs et sous-sols, relativement sous-éclairés, tirent sur du bleu et du vert presque fluorescents. L’image elle-même se veut assez brute, avec des textures, des grains, des contrastes, des tressaillements prononcés, de sorte que l’on croirait à un long rêve fiévreux. Les personnages aux visages sales, aux silences déprimés et aux regards lointains errent ainsi logiquement dans ce monde au crépuscule de son existence. Même leurs quêtes semblent considérablement amenuisées : l’Oméga tâche simplement de respecter une dernière volonté, Mia essaye simplement de survivre cachée dans son clandestin magasin de pêche, Sujin tente simplement de comprendre ce qu’elle croit être la liberté de son alter-ego. Maladive hypnose où les repères se perdent et où l’impuissance devient fascination, « The Fin » nous envoûte donc continûment.

Axel Chevalier

 

It’s hard to sum up and describe this Korean film in just a few words. Post-apocalyptic, contemplative, colorful, immersive, melancholic, ephemeral – “The Fin” is a little bit of all of that. With its one-of-a-kind style, the film exudes an incredibly unique atmosphere; and not only does it work, but it leaves a lasting impression.

This is the story of Mia and Sujin, two women whose life paths intersect indirectly through a man whose name remains unknown. He is an Omega – a human infected with an unknown disease – whose potentially deadly “species” is hunted down and enslaved by and for a unified, anti-futurist, totalitarian Korean regime. This Korea, literally walled off, is plagued by absolute drought compounded by extreme pollution; access to the sea is therefore forbidden, except for the Omegas, who are tasked with cleaning up what they can.

A broad contextual overview to illustrate the visual richness of this astonishing film. All the colors seem inverted: the sea is a reddish orange, while the sky is sometimes tinged with a purplish yellow; the urban exterior is a stifling concrete gray, whereas what remains of nature appears ochre and harsh; the interiors and basements, relatively dimly lit, take on almost fluorescent shades of blue and green. The imagery itself is deliberately raw, with grainy textures, sharp contrasts, and vivid tremors, making it feel like a long, feverish dream. The characters – with their grimy faces, depressing silences, and distant gazes – thus wander logically through this world at the twilight of its existence. Even their quests seem considerably diminished: Omega simply strives to fulfill a final wish; Mia simply tries to survive, hidden away in her clandestine fishing shop; Sujin simply attempts to understand what she believes to be the freedom of her alter ego. A morbid trance where points of reference are lost and helplessness becomes fascination, “The Fin” thus captivates us from start to finish.

Axel Chevalier

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