Le Garçon qui faisait danser les collines
Диџеј Ахмет (DJ Ahmet)
Jury Award (Creative Vision) – (World) Sundance
Audience Award – (World) Sundance
Special Mention (Emerging Fiction) – Milwaukee
Jury Mention (New Directors) – Seattle
Outstanding International Film – Cinéfest Sudbury
2025/2026

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Dans le relief macédonien, le jeune Ahmet, pasteur mélomane, embrasse tradition et modernité entre lesquelles il oscille, tiraillé par ses interrogations et envies adolescentes. Ce premier long-métrage de Georgi M. Unkovski est pour le coup une agréable surprise, à la fois pour son sujet et pour ses registres.
« Le garçon qui faisait danser les collines » (de son titre original « DJ Ahmet »), c’est d’abord une immersion dans une communauté méconnue des Balkans : celle des Yörük, population d’origine turkmène, historiquement nomade, installée en terres européennes lors des conquêtes ottomanes, regroupée aujourd’hui dans des villages isolés. Ahmet (comme l’acteur qui l’interprète) fait partie de cette minorité nichée dans les montagnes : il est berger, vit au gré des festivités locales, et surtout il est solitaire. Il veille sur son petit frère devenu muet suite à un drame et dont leur père pense qu’on lui a jeté un sort. Et puis le garçon fait la connaissance d’Aya, amatrice elle aussi de musique, bien que réfrénée par d’implacables contraintes sociales. Naît alors entre eux une complicité artistique bien éloignée des carcans parfois archaïques auxquelles ils semblent voués.
Avec ce synopsis, « DJ Ahmet » pourrait vite verser dans le tragique, et pourtant, le film propose une lecture assez légère, tragi-comique. Malgré un fond assez dramatique, l’intrigue fourmille ainsi d’éléments joyeux en tous genres, à commencer par des personnages secondaires burlesques tels que le muezzin novice en informatique ou les anciennes jugeant avec humour les évènements assises sous un arbre. L’histoire présente aussi des scènes et des détails qui grossissent le décalage entre tradition et modernité, que ce soient la séquence de danse ou le matériel improbable qu’utilise Ahmet pour diffuser de la musique. Mais ces mêmes écarts chaleureux édulcorent une réalité plus froide : celle des difficiles ententes inter-générationnelles en milieu rural qui quelquefois brisent les espoirs d’une jeunesse qui en est pourtant pleine. De ce mélange émerge une comédie dramatique touchante, littéralement loin des sentiers battus.
Axel Chevalier
In the Macedonian countryside, young Ahmet, a music-loving shepherd, embraces both tradition and modernity, caught between the two as he is torn by his adolescent doubts and desires. This debut film by Georgi M. Unkovski is a delightful surprise, both for its subject matter and its range of tones.
“DJ Ahmet” is, first and foremost, an immersion into a little-known community in the Balkans: the Yörük, a people of Turkmen origin who were historically nomadic, settled in European lands during the Ottoman conquests, and are now gathered in isolated villages. Ahmet (like the actor who plays him) is part of this minority nestled in the mountains: he is a shepherd, lives according to the rhythm of local festivities, and above all, he is a loner. He watches over his little brother, who has lost his voice following a tragedy and whom their father believes has been cursed. Then the boy meets Aya, who also loves music, though she is held back by relentless social constraints. An artistic bond develops between the two of them, far removed from the sometimes archaic constraints to which they seem bound.
With this storyline, “DJ Ahmet” could easily veer into tragedy, and yet the film offers a fairly lighthearted, tragicomic take. Despite its rather dramatic backdrop, the plot is teeming with all sorts of cheerful elements, starting with comical supporting characters such as the muezzin who’s a computer novice or the elderly women humorously discussing events while sitting under a tree. The story also features scenes and details that highlight the disconnect between tradition and modernity, whether it’s the dance sequence or the unconventional equipment Ahmet uses to play music. But these same heartwarming contrasts soften a harsher reality: that of the difficult intergenerational relationships in rural areas, which sometimes shatter the hopes of a youth that is otherwise full of them. From this blend emerges a touching comedy-drama, literally far from mainstream territory.
Axel Chevalier