Gondola
2023/2024

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Quelque part au milieu des montagnes, un tout petit téléphérique relie les deux versants d’une vallée. Les deux seules employées, l’une tout juste de retour dans son village d’enfance, l’autre rêvant de devenir hôtesse de l’air, toutes deux réparties dans une cabine chacune, apprennent à se connaître au fil de leurs courts mais réguliers croisements suspendus. Long-métrage sans dialogues (et non muet !), « Gondola » est une véritable bouffée d’air et de bonheur dans un monde – et, indirectement, un septième art – qui paraît de plus en plus déprimant. Une ode universelle à l’amour et à la joie, qu’importe le lieu où l’on se trouve, même dans le ciel !
Chatoyant de couleurs et vibrant de musiques, ce petit film germano-géorgien en dit beaucoup sans passer par les mots. À la fois presque didactique (avec les nombreux plans sur les parfois massifs mécanismes du téléphérique) et joliment poétique (sur tout ce qui touche à la trame et à ses personnages), « Gondola » nous transmet des émotions authentiques, sans sur-jeu ni prétention. Outre les gestes et les regards, la musique prend ainsi une place prépondérante dans l’intrigue, qu’elle soit en arrière-plan sonore ou bien totalement maîtresse du scénario, et ce qu’elle soit diffusée par une radio ou par une platine, qu’elle soit jouée par des instruments classiques ou improvisée avec des ustensiles moins conventionnels.
Si, de surcroît, la base de l’histoire est innovante en soi, cette dernière laisse place à une créativité sans limites quant aux interactions entre ses personnages, en particulier entre nos deux héroïnes. Les cabines accueillant déjà des individus et des bagages parfois étonnants (et quelquefois même d’une façon surprenante), elles sont progressivement personnalisées, customisées au fil de l’intrigue, telles des antichambres oniriques où toute la beauté humaine est condensée dans un petit espace accroché à un câble. « Gondola » expose ainsi avec une simplicité quasi enfantine la capacité d’amour et de création d’une humanité trop peu mise à l’écran ; et cela fait du bien, ce genre de film sensiblement égayant !
Axel Chevalier
Somewhere deep in the mountains, a tiny cable car connects the two sides of a valley. The only two employees – one who has just returned to the village of her childhood, the other dreaming of becoming a flight attendant – each in their own cabin, get to know one another through their brief but regular encounters suspended in mid-air. A feature film without dialogue (but not a silent film!), “Gondola” is a true breath of fresh air and happiness in a world – and, indirectly, in an art form – that seems increasingly depressing. This is a universal ode to love and joy, no matter where you are, even in the sky!
Bursting with color and full of music, this small German-Georgian film conveys a great deal without relying on words. At once almost didactic (with its numerous shots of the cable car’s sometimes massive mechanisms) and beautifully poetic (in everything related to the plot and its characters), “Gondola” conveys authentic emotions, without overacting or pretense. In addition to gestures and glances, music plays a central role in the narrative, whether providing background sound or completely driving the plot, and whether it’s played on the radio or a turntable, performed on classical instruments or improvised with less conventional objects.
Moreover, while the story’s premise is innovative in itself, it opens the door to boundless creativity in terms of the interactions between its characters, particularly between our two heroines. The cabins, which already house individuals and luggage that are sometimes astonishing (and at times even surprising), are gradually personalized and customized as the plot unfolds, like dreamlike waiting rooms where all of human beauty is condensed into a small space suspended by a cable. “Gondola” thus showcases, with an almost childlike simplicity, humanity’s capacity for love and creativity – a side of us all too rarely seen on screen; and it feels good to watch this kind of genuinely uplifting film!
Axel Chevalier