Cocotte
Κότα
Tyúk
Lebensansichten eines Huhns
(The Hen)
Honorable Mention (Platform Award) – Toronto
Special Mention (Golden Tulip) – Istanbul
2026

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Un film sur une poule, ça vous branche ? C’est pourtant la meilleure présentation que l’on puisse faire de ce long-métrage réalisé par le très indépendant voire expérimental György Pálfi. Son objectif : changer complètement de focale, ne plus avoir uniquement ce regard anthropocentré sur le monde et les choses qui s’y passent.
Il aura fallu au total huit poules aux caractères bien différents pour incarner l’héroïne principale. Dressées par Árpád Halász, professionnel de renommée internationale (qui a tout de même travaillé pour « Pauvres Créatures » ou « Midsommar »), les gallinacées ont véritablement été au centre du projet artistique de György Pálfi, ce dernier et son équipe ayant adapté leur tournage pour ces animaux. Quasiment aucune image de synthèse n’a donc été utilisée, à l’exception de quelques effets spéciaux et retouches afin de dissimuler le dresseur.
Le long-métrage suit donc la vie de cette Poule échappée d’un élevage en batterie et qui se retrouve dans le poulailler d’un restaurateur. La vie est simple pour elle : elle veut becqueter, pondre des œufs, élever des poussins et se sentir libre de ses mouvements. Or les êtres humains qui l’entourent, dotés ou dénués de morale, vivent une réalité bien différente…
Multipliant les registres comiques, absurdes mais aussi tragiques, « Cocotte » a la particularité de souligner le fossé entre l’humanité et son environnement – en particulier animal. En devenant le personnage principal, la Poule ne subit qu’indirectement les faits et méfaits de ses voisins parlants, alors même que de nombreux parallèles sont à faire entre sa vie et la leur : les logiques de domination, la violence entre congénères et même les trafics en tous genres.
Sans jamais porter de jugement quelconque à l’instar de son héroïne, le film surprend donc pour son point de vue et interroge ainsi notre rapport à la nature mais aussi aux autres de façon plus générale. Malgré quelques creux scénaristiques, « Cocotte » demeure ainsi immersif et honnêtement assez marrant car décalé !
Axel Chevalier
How about a film about a chicken? That’s actually the best way to describe this feature film directed by the highly independent – even experimental – György Pálfi. His goal: to completely shift the perspective, moving away from an anthropocentric view of the world and the events that unfold within it.
It took a total of eight hens, each with very different personalities, to portray the main character. Trained by Árpád Halász, an internationally renowned professional (who has worked on films such as “Poor Things” and “Midsommar”), the chickens were truly at the heart of György Pálfi’s artistic project, with Pálfi and his team adapting their filming schedule to accommodate these animals. As a result, virtually no special effects were used, with the exception of a few tweaks to hide the trainer.
The film follows the life of this hen who escaped from a battery farm and ended up in a restaurant owner’s coop. Life is simple for her: she wants to peck at food, lay eggs, raise chicks, and move about freely. Yet the humans around her – whether moral or immoral – live in a very different reality…
By weaving together comic, absurd, and tragic elements, “Hen” uniquely highlights the divide between humanity and its environment – especially the animal world. As the main character, the hen is only indirectly affected by the actions and misdeeds of her talking neighbors, even though there are many parallels between her life and theirs: the logic of domination, violence among peers, and even trafficking of all kinds.
Like its protagonist, the film never makes any judgements, and so it takes us by surprise with its perspective, prompting us to reflect not only on our relationship with nature but also, more broadly, on our relationships with others. Despite a few plot holes, “Hen” remains immersive and, frankly, quite funny thanks to its offbeat charm!
Axel Chevalier