Mon Légionnaire
(Our Men)
Valois du Meilleur Scénario – Angoulême
Valois de la Meilleure Actrice – Angoulême
Bayard du Meilleur Scénario – Namur
2021

FR EN
La légion étrangère est probablement l’institution militaire française qui a fait naître le plus de films de guerre en France et à l’étranger. Troupes d’élite, idéal d’intégration des étrangers, fait d’armes glorieux, réputation séculaire… Mais « Mon Légionnaire » n’est pas un film de guerre. C’est un film sur la famille pour les adultes.
Dans ce premier long-métrage de la réalisatrice Rachel Lang (qui est elle-même réserviste dans l’armée) on y retrouve notamment Louis Garrel et Camille Cottin aux côtés d’acteurs qui ont parfaitement adoptés les codes, le langage et la manière d’être des légionnaires. C’est un film sur l’armée, réalisée par une femme, qui ne comporte presque aucune scène de guerre. Le combat n’y est pas glorifié. C’est sur la vie quotidienne des hommes derrière l’uniforme et de leurs conjointes que s’attarde « Mon Légionnaire ».
À travers ce film, le spectateur suit la vie de deux familles de militaires : celle d’un officier servant dans la légion étrangère et celle d’un légionnaire (grosse différence en réalité et bien soulignée dans le film). Il s’attache à montrer les difficultés familiales que représente l’engagement militaire au sein d’un couple. OPEX, enfants, rectification pour les légionnaires, vie quotidienne des soldats, associations des épouses, angoisse liée à la guerre… rien n’est ignoré. Par l’exemple extrême des familles de militaires, les problèmes naturels d’un couple montrés à l’écran peuvent en réalité concerner n’importe qui. L’éloignement progressif des conjoints, les enfants à charge, l’investissement dans son métier au détriment de sa famille… tout couple pourrait s’identifier aux personnes du film.
Ce film n’est pas un reportage. Mais là nous touchons un point important du cinéma. Ce qui compte ce n’est pas le réalisme d’un film, mais sa charge émotionnelle, sa capacité à diffuser des idées … Bien que « Mon Légionnaire » soit très proche de la réalité (vocabulaire et procédures militaires, uniformes, méthodes, relations hiérarchiques …) certains critiquent des petits détails. Mais ces défauts à la marge n’affectent pas les enjeux soulevés par le film. La véritable question est : à qui ce film est-il destiné ? Le principal problème trouvé à ce film, c’est qu’il est très difficile à trouver ! Une seule salle le diffusait à Bordeaux lors de sa première semaine de sortie. Les films à festival ne sont pas des films à audience. Mais cette scission est particulièrement marquante quand, dès la diffusion du film, on ne lui donne pas la chance de se démocratiser. Bien sûr le public potentiel de ce genre de film est assez limité mais cette production française méritait tout de même une plus large diffusion et davantage de visibilité.
Film à voir absolument si le milieu militaire vous intéresse et surtout si vous êtes directement concerné, en tant qu’engagé ou conjoint.
Loris Roussel
The French Foreign Legion is probably the French military institution that has given rise to the most war films in France and abroad. Elite troops, ideal of integration of foreigners, glorious feat of arms, secular reputation… But “Our Men” (“Mon Légionnaire” in French) is not a war movie. It is a film about family for adults.
In this first feature film by director Rachel Lang (who is herself a reservist in the army) we find Louis Garrel and Camille Cottin alongside actors who have perfectly adopted the codes, the language and the way of being of the legionnaires. It is a film about the army, directed by a woman, which has almost no war scenes. The combat is not glorified. It is the daily life of the men behind the uniform and their spouses that “Our Men” focuses on.
Through this film, the viewer follows the life of two military families: that of an officer serving in the French Foreign Legion and that of a legionnaire (a big difference actually and well highlighted in the film). It focuses on the family difficulties that the military commitment represents for a couple. OPEX, children, rectification for the legionnaires, daily life of the soldiers, wives’ associations, anguish related to the war… nothing is left out. Through the extreme example of military families, the common problems of a couple shown on the screen can in fact apply to anyone. The gradual separation of spouses, dependent children, investment in one’s profession to the detriment of one’s family… any couple could identify with the characters in the film.
This film is not a documentary. But here we are addressing an important point of cinema. What matters is not the realism of a film, but its emotional charge, its capacity to spread ideas… Although “Our Men” is very close to reality (vocabulary and military procedures, uniforms, methods, hierarchical relations …) some criticize small details. But these marginal flaws do not affect the issues raised by the film. The real question is: who is this film for? The main problem found with this film is that it is very difficult to find! Only one theater screened it in Bordeaux during its first week of release. Festival films are not audience films. But this split is particularly striking when, as soon as the film is released, it is not given the chance to be made available. Of course, the potential audience of this kind of movie is quite limited but this French production deserved a wider distribution and more visibility.
This film is a must-see if you are interested in the military and especially if you are directly involved, as a soldier or spouse.
Loris Roussel