Rsg Production

Laurent dans le vent

 
(Drifting Laurent)
 

2025

FR                   EN

 

Porté par le vent, Laurent se retrouve au milieu d’une vallée isolée, dans la station haute-alpine des Orres. On ne sait pas trop d’où il vient, on ne sait pas trop où il va, on ne sait pas trop ce qu’il veut ; mais lui non plus. Soutenu par l’ACID, « Laurent dans le vent » est le deuxième long-métrage du trio Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon ; et ce film, plutôt atypique dans son fond et dans sa trame, a une patte clairement indépendante.

L’histoire est donc celle de ce Laurent, jeune adulte on ne peut plus perdu dans la vie. Sans ami, sans travail, sans abri, somme toute sans attache, ce garçon erre sans but. Jusqu’à ce qu’il croise la route de gens estimant eux aussi fuir voire passer à côté de leur propre existence. Ainsi de Lola, neurasthénique et si solitaire femme du troisième âge ; ainsi de Farès, mélancolique saisonnier qui souhaite tenter sa chance à Marseille ; ainsi de Sophia, branchée new age mais fatiguée et blessée par des années bien ailleurs ; ainsi de Santiago, maladivement timide geek qui se réfugie dans sa passion pour les vikings ; ainsi d’autres encore…

Mettant à nu des personnes extrêmement marginales – de surcroît inspirées de réelles rencontres qu’ont faites les réalisateurs lors de leurs repérages (actrices et acteurs inclus) –, « Laurent dans le vent » retrace, à première vue, le parcours de ce que l’on qualifierait grossièrement et péjorativement de cas sociaux, d’individus reclus et exclus (souvent involontairement) de la société et du temps. Néanmoins, ces « cassos », certes pleins de « bizarreries » (aux yeux d’on ne sait qui d’ailleurs), sont des êtres humains comme tout le monde, traversés par les mêmes angoisses existentielles que n’importe qui. Toutes et tous alternent entre espoirs et désillusions mais continuent de vivre malgré tout.

Et ce qui les fait tenir, ce sont leurs passe-temps, mais aussi et surtout leurs quelques relations. Ces mêmes gens qui paraissent déracinés prennent ainsi peu à peu racine auprès des autres. Et c’est notamment le cas de Laurent qui finit par comprendre, durant ce doux, elliptique et étrange film, que la vie commence là où on le décide.

Axel Chevalier

 

Driven by the wind, Laurent finds himself in the middle of an isolated valley, in the high-alpine resort of Les Orres. We’re not quite sure where he comes from, we’re not quite sure where he’s going, we’re not quite sure what he wants – and neither is he. “Drifting Laurent” is the second feature film by the trio of Anton Balekdjian, Léo Couture, and Mattéo Eustachon; and this film, quite atypical in its subject matter and plot, has a distinctly independent style.

The story, then, is that of Laurent, a young adult who is utterly lost in life. With no friends, no job, no home – in short, no ties – this young man wanders aimlessly. Until he crosses paths with people who, like him, feel they are fleeing from or even missing out on their own lives. Take Lola for example, a neurasthenic and deeply lonely elderly woman; or Farès, a melancholic seasonal worker hoping to try his luck in Marseille; or Sophia, a trendy New Age type who is weary and scarred by years spent far away; or Santiago, a painfully shy geek who takes refuge in his passion for Vikings; along with others…

By bringing to light the lives of people on the very margins of society, who, moreover, are inspired by real encounters the filmmakers had during their location scouting (including the actors and actresses), “Drifting Laurent” chronicles, at first glance, the journey of what one might crudely and pejoratively call ‘social cases’ – reclusive individuals excluded (often involuntarily) from society and the times. Nevertheless, these ‘losers’, though certainly full of ‘quirks’ (in the eyes of who knows whom, for that matter), are human beings like everyone else, going through the same existential anxieties as anyone. Each and every one of them moves between hope and disillusionment but continues to live on despite it all.

And what keeps them going are their hobbies, but also (and above all) their few relationships. These same people, who seem uprooted, gradually put down roots among others. This is particularly true of Laurent, who eventually comes to understand, over the course of this gentle, elliptical, and strange film, that life begins wherever you choose it to.

Axel Chevalier

Miséricorde
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