Rsg Production

Le Mystérieux Regard

du Flamant Rose

La misteriosa mirada del flamenco
(The Mysterious Gaze of the Flamingo)
 
Prix Un Certain Regard – Cannes
Mention honorable du Jury – Lima
Meilleur Premier Film – Lima
Grand Prix Premier Film – Annonay
Prix de la Jeunesse – San Sebastián

2025/2026

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Avec un nom aussi énigmatique, comment ne pas s’intéresser à ce bijou, premier long-métrage du très prometteur Diego Céspedes, de surcroît nommé en 2025 aux Goya et lauréat du Prix Un Certain Regard ? Et de regard, il en est sujet, comme l’indique le titre – dont la signification détaillée se révèle tout au long de l’intrigue. Nous voilà donc dans le désert chilien, à proximité d’une mine, où la jeune Lidia vit en compagnie de personnages hauts en couleurs qui occupent une cantina à la fois marginale et centrale.

Dans ce bout du monde, il y a un bout de monde : deux communautés très différentes (et pas toujours très enclines à s’entendre) se rencontrent, se tolèrent, s’affrontent aussi. La famille – parce que c’est une famille – de Lidia est en effet la source de désirs, de crispations et de peurs pour les mineurs, à la fois curieux et effrayés de croiser la route de la matriarche Mamá Boa et de ses filles animales. Car la cantina abrite des maricones, des pédés, des travestis (aujourd’hui on dirait « trans » et « queer », mais pas à l’époque des faits), dans un contexte où ces beautés excentriques sont la source de rumeurs inquiétantes.

Et pourtant, Lidia comme ses joyeuses sœurs-mères vivent auprès des mineurs et, à l’instar du genre du film, leurs interactions sont de tous ordres. Le récit forme un surprenant mais délicieux mélange de styles, alternant entre des moments hilarants et d’autres déchirants, passant de séquences oniriques à d’autres frénétiques. Le scénario développe en effet des inflexions inattendues qui mènent à des scènes très diverses mais toujours pertinentes, et le tout dans une fluidité magistrale.

La violence sous toutes ses formes (physique, verbale, symbolique, affective) est ainsi aussi récurrente que son exact inverse : la tendresse. L’histoire parle en réalité d’amour, de cet amour qui se heurte à l’incompréhension, aux décalages, aux blessures, mais qui demeure malgré tout le fondamental liant humain, même au milieu de rien. De ce presque-western moderne émane une richesse thématique, émotionnelle et poétique remarquable, faisant de ce film un joyau.

Axel Chevalier

 

With such an enigmatic title, how could you not be drawn to this gem—the debut feature of the highly promising Diego Céspedes – which was nominated for a Goya Award in 2025 and won the Un Certain Regard Prize at Cannes? And it is indeed all about the gaze, as the title suggests – the full meaning of which is revealed throughout the plot. So here we are in the Chilean desert, not far from a mine, where the young Lidia lives alongside a colorful cast of characters who hang out in a cantina that is both on the fringes and at the center of it all.

In this corner of the world, there is a whole world of its own: two very different communities (not always eager to get along) meet, tolerate one another, and sometimes clash. Lidia’s family – because it is indeed a family – is the source of desires, tensions, and fears for the miners, who are both curious and terrified of crossing paths with the matriarch Mamá Boa and her animalistic daughters. Because the cantina is home to maricones, fags, and drag queens (today we’d say “trans” and “queer”, but not back then), in a context where these eccentric beauties are the source of unsettling rumors.

And yet, Lidia and her cheerful sister-mothers live alongside the miners, and their interactions take many different turns. The narrative offers a surprising yet delightful blend of styles, alternating between hilarious and heart-wrenching moments, shifting from dreamlike sequences to frenetic ones. The screenplay indeed takes unexpected turns that lead to scenes that are highly varied yet always relevant, all presented with masterful fluidity.

Violence in all its forms (physical, verbal, symbolic, and emotional) is thus just as common here as its exact opposite: tenderness. The story is really about love, the kind of love that faces misunderstanding, misalignment, and wounds, yet remains the fundamental bond between people, even in the midst of nothingness. This modern quasi-western exudes a remarkable thematic, emotional, and poetic richness, making this movie a truly special gem.

Axel Chevalier

La Ola
Los Colonos