Rsg Production

Orphelin

 
Árva (Orphan)
 

2025/2026

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Budapest, 1957, quelques mois après la Révolution hongroise. Andor, un adolescent élevé par sa mère célibataire, voit son quotidien bouleversé par l’arrivée progressive d’un inconnu dans sa vie. Réalisé par László Nemes, connu pour « Le Fils de Saul » (2015) internationalement acclamé, « Orphelin » est un troisième long-métrage historique traitant ici de sujets plus spécifiques à la Hongrie communiste et d’après-guerre, non sans drames voire tragédies.

Dans ce contexte, la société n’est ni tout à fait remise de la guerre, ni vraiment en symbiose avec le régime certes un peu plus réformateur mais tout de même pro-soviétique de János Kádár. La capitale danubienne porte encore les stigmates de la guerre, la sanglante répression contre-révolutionnaire bat encore son plein, et les rescapés des déportations vivent une difficile réintégration dans un système totalement centralisé. Andor, qui a passé sa jeune enfance quasi seul à l’abri des bombes, attend ainsi inlassablement son père qui ne revient pas.

Orphelin, Andor l’est dans plusieurs sens ; « ils me mentent tous », finit-il par expulser. Car, du fait de l’Histoire et de son histoire emplies de secrets et de mensonges, il perd ses racines dont les quelques qu’il croyait solides : sa judaïté, son innocence, ses rêves, ses amis, et peut-être même sa mère. Dans ce désespoir croissant s’éveille une violence puissante – politique, sociale et surtout familiale – que le jeune homme assimile et doit accepter.

Ces sentiments d’affliction et de trahison se traduisent par une image pelliculaire restreinte dans son format carré aux nombreux plans rapprochés (majoritairement à hauteur d’enfant) que dans ses couleurs jaunâtres légèrement désaturées. La musique mélancolique des frères Galperine accompagne aussi le parcours et les émotions ambivalentes de ses personnages qui crèvent tous l’écran (autant la mature Sári que la résignée Klára, autant l’effrayant Mihály [joué par un Grégory Gadebois étonnamment magyarophone] que l’amical Géza). « Orphelin » dresse ainsi le portrait d’un enfant et d’un pays mis de côté et dont les blessures semblent ne pas pouvoir cicatriser, et c’en est déchirant.

Axel Chevalier

 

Budapest, 1957, a few months after the Hungarian Revolution. Andor, a teenager raised by his single mother, sees his daily life turned upside down by the gradual arrival of a stranger in his life. Directed by László Nemes, known for the internationally acclaimed “Son of Saul” (2015), “Orphan” is his third historical feature film, this time addressing issues more specific to communist and post-war Hungary, not without drama or even tragedy.

At this time, society had not yet fully recovered from the war, nor was it truly in tune with János Kádár’s regime – which, while somewhat more reform-minded, remained pro-Soviet. The Danube capital still bears the scars of war, the bloody counterrevolutionary repression is still in full swing, and the survivors of the deportations are struggling to reintegrate into a totally centralized system. Andor, who spent his early childhood almost alone, sheltered from the bombs, waits tirelessly for his father, who never returns.

Andor is an orphan in more ways than one; “They’re all lying to me,” he finally blurts out. For, because of history and his own personal past filled with secrets and lies, he loses his roots – including the few he thought were solid: his Jewish identity, his innocence, his dreams, his friends, and perhaps even his mother. Amid this growing despair, a powerful violence – political, social, and above all familial – awakens, which the young man must come to terms with and accept.

These feelings of grief and betrayal are conveyed through a cinematic style characterized by a narrow square aspect ratio, numerous close-ups (mostly at child’s eye level), and slightly desaturated yellowish tones. The melancholic score of the Galperine brothers also sets the tone for the journey and the ambivalent emotions of its characters, all of whom command the screen (from the mature Sári to the resigned Klára, as well as the frightening Mihály [played by a surprisingly Hungarian-speaking Grégory Gadebois] and the friendly Géza). “Orphan” therefore offers a portrait of a child and a country cast aside, whose wounds seem unable to heal – and it is heartbreaking.

Axel Chevalier

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