Rsg Production

La Disparition de Josef Mengele

 
Das Verschwinden des Josef Mengele
 
 

2025

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Josef Mengele, Hauptsturmfürher de la Schutzstaffel, médecin en chef du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau à l’apogée du IIIe Reich, poste qui lui valut le surnom d’« Ange de la Mort », né à Günzburg en Bavière en 1911, mort à Bertioga dans l’État de São Paulo en 1979.

C’est à cette personnalité plus que controversée que se consacre le dernier film du réalisateur et metteur en scène russe en exil Kirill Serebrennikov, maintes fois remarqué pour ses fluides et flottants portraits de femmes et hommes réels et/ou réalistes (« Limonov, la Ballade », « La Femme de Tchaïkovski », « La Fièvre de Petrov »). Autant vous dire que « La disparition de Josef Mengele » se veut plus rude et plus âpre.

À commencer par la photographie du film. À l’exception d’une petite scène d’apparence banale et d’un séquence à l’inverse effroyablement traumatisante, l’intégralité du long-métrage est en noir et blanc. Ce choix de couleurs (ou plutôt de leur absence) instaure une atmosphère lourde où tous les protagonistes (Mengele en tête), leurs paroles, leurs regards, leurs actes appesantissent et littéralement noircissent une intrigue déjà très sombre.

Construit par ailleurs en diverses et fragmentaires chronologies, le récit insiste sur une certaine et frappante constance du Josef Mengele présenté à l’écran, que ce soit dans ses convictions ou dans son attitude, charismatique et froide. Incarné magistralement par un August Diehl qui traverse les époques de la vie de cet homme à la psyché impénétrable, le médecin allemand demeure ainsi un fervent (et non fanatique) national-socialiste, enfermé dans et par sa doctrine, malgré toutes les contradictions – notamment morales – qui s’y heurtent au cours de son existence.

Or, comme le titre l’indique, le film raconte non pas l’histoire de Josef Mengele, mais celle de sa disparition. C’est-à-dire de sa fuite vers l’Amérique du Sud afin de s’y évaporer, d’échapper à ses juges, de se faire véritablement oublier. Ce qu’il parvient progressivement à faire, quitte à faire disparaître le peu d’humanité qu’il a encore en lui. Et c’est ça qui est terrible.

Axel Chevalier

 

Josef Mengele, Hauptsturmführer of the Schutzstaffel, chief physician at the Auschwitz-Birkenau extermination camp in the Third Reich, a position that earned him the nickname “Angel of Death,” was born in Günzburg, Bavaria, in 1911 and died in Bertioga, São Paulo, in 1979.

This highly controversial figure is the subject of the latest film from exiled Russian director Kirill Serebrennikov, who has repeatedly earned acclaim for his free-flowing, poetic portraits of real and/or realistic men and women (Limonov: The Ballad; Tchaikovsky’s Wife; Petrov’s Flu). Let’s just say that “The Disappearance of Josef Mengele” is much rougher and more bitter than these.

This choice starts with the film’s cinematography. Except for one seemingly mundane scene and one sequence that is, quite the opposite, horrifyingly traumatic, the entire movie is in black and white. This choice of colors (or rather the lack thereof) creates a heavy atmosphere in which all the protagonists (Mengele foremost among them), their words, their glances, and their actions weigh down and literally darken an already very bleak plot.

The story, which is built around various fragmented timelines, emphasizes a certain striking consistency in Josef Mengele’s portrayal on screen, both in his convictions and in his charismatic yet cold demeanor. Masterfully embodied by August Diehl, who travels through the different stages of this man’s life with his impenetrable psyche, the German doctor remains a fervent (but not fanatical) National Socialist, locked into and by his doctrine, despite all the contradictions – particularly moral ones – that he encounters throughout his life.

However, as the title suggests, the film does not tell the story of Josef Mengele, but rather that of his disappearance. In other words, his escape to South America in order to disappear, evade justice, and truly be forgotten. He gradually succeeds in doing so, even if it means erasing what little humanity he still has left in him. And that is what is so dreadful about it.

Axel Chevalier

La Femme de Tchaïkovski
Limonov : La Ballade