Rsg Production

Nino

 
Meilleure révélation (Acteur) – Cannes
Meilleur Scénario & Premier Film – Namur
Grand Prix du Jury – Rome

2025

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« Nino » ? Comment vous le décrire au mieux… C’est un film éminemment touchant de tendresse, de douceur et d’imprévisions. Sorti en septembre dernier, le long-métrage a tout récemment été nommé quatre fois aux prochains César – et ce n’est pas le fruit du hasard.

D’abord parce qu’il s’agit d’un premier long-métrage, écrit et réalisé par Pauline Loquès (Meilleur Premier Film et Meilleur Scénario Original) qui marque pour sa trame paradoxalement simple et pleine de galères. Dans un laps de temps très court, le personnage de Nino traverse une multitude d’émotions et d’instants incroyablement improbables et pourtant si facilement enchaînables, parce que la vie est souvent ainsi : vite ennuyeuse mais rocambolesque par éclats. Cette suite chaotique d’évènements inattendus, tout le monde l’expérimente un jour, et cela rend le parcours et la personnalité de Nino d’autant plus authentiques.

C’est d’ailleurs pour cela que l’acteur Théodore Pellerin a lui aussi été nommé (Meilleure Révélation Masculine). Discret, un peu paumé et maladroit, avec une dégaine et une voix feutrées et imposantes, Nino est un condensé d’une certaine humanité qui, volontairement ou non, s’efface aux profits des autres. L’errance presque banale qu’il subit entre deux bouleversements le pousse à improviser et surtout à choisir certaines voies, ce qui lui permet de partager des moments absolument uniques avec des gens qu’il retrouve, autant avec des quidams qu’avec des amis, autant avec cette jeune mère un peu larguée (Salomé Dewaels) qu’avec sa propre mère à l’amour empoignant (Jeanne Balibar ; Meilleure Actrice dans un Second Rôle).

Les couleurs « cotonneuses » de l’image et un choix éclectique de musiques mettent alors en valeur une certaine beauté du petit extraordinaire au sein du grand ordinaire, de la légèreté au sein de la pesanteur. Drame subtilement saupoudré de scènes décalées et comiques où le sens du toucher permet à son héros de se raccrocher au monde, « Nino » traite ainsi de la gestion souvent bancale d’une maladie tout juste déclarée avec bienveillance et espoir, et cela émeut autant que cela rassérène, autant le grand public que l’Académie des César.

Axel Chevalier

 

“Nino”? How best to describe it… It’s a deeply moving film, full of tenderness, gentleness, and unpredictability. Released last September, the movie was recently nominated for four César Awards – and rightly so.

Firstly, because it is a debut feature film, written and directed by Pauline Loquès (Best First Film and Best Original Screenplay), which stands out for its simple yet challenging plot. In a very short space of time, the character of Nino goes through a multitude of emotions and incredibly unlikely moments that nevertheless flow easily into one another, because that’s often how life is: quickly boring but bursting with adventure. This chaotic series of unexpected events is something everyone experiences at some point, and it makes Nino’s journey and personality all the more authentic.

This is why actor Théodore Pellerin was also nominated (Best Breakthrough Actor). Quiet, a bit lost and awkward, with a husky, imposing voice and demeanor, Nino embodies a certain humanity that, intentionally or not, takes a back seat to others. The almost mundane wandering he experiences between two upheavals pushes him to improvise and, above all, to choose certain paths, allowing him to share absolutely unique moments with people he meets, whether strangers or friends, whether the slightly lost young mother (Salomé Dewaels) or his own mother, whose love is overwhelming (Jeanne Balibar; Best Supporting Actress).

The soft colors of the cinematography and an eclectic choice of music highlight a certain beauty in the extraordinary within the ordinary, lightness within heaviness. “Nino” is a drama subtly blending quirky and comical scenes where the sense of touch allows its hero to cling to the world. It deals with the often-precarious handling of a newly diagnosed illness with kindness and hope, moving and reassuring both moviegoers and the César Academy alike.

Axel Chevalier

Différente
La Petite Dernière