Reflet dans un Diamant Mort
(Reflection in a Dead Diamond)
2025

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En quelques mots :
Les co-réalisateurs français Bruno Forzani et Hélène Cattet signent ici l’un des films les plus déments de l’année dans une parodie des films d’espionnage détonnante et désarçonnante. C’est un film assez expérimental peuplé de références artistiques, notamment à la saga James Bond, dans une inventivité visuelle jouant régulièrement de très gros plans sur les yeux et les bouches, ou sur une violence désincarnée et assez sanglante mais complètement surfaite et décalée. Avec des interprétations d’acteurs quelque peu surjouées, le film développe un univers visuel qui apparaît sous certains traits comme une mise en images d’un style de BD. C’est clairement un style original et atypique qui n’est pas nécessairement facile d’accès. D’autant que le film pulvérise les règles de mise en scène et de récit dans une histoire qui ne commence jamais vraiment, elle n’est qu’une ombre d’elle-même. Au gré d’une narration jouant sur les souvenirs et les secrets, d’un récit multilingue qui bascule sans raison apparente entre le français, l’italien et l’anglais, et du mystère entourant un grand méchant qui fait perdre toute notion de réalité à ses victimes (dont le spectateur fait inconsciemment partie), le film ne met pas seulement en scène un mystère, il en devient véritablement un dans sa forme. C’est un film dense, anachronique et intemporel au scénario assez cryptique qui impose de lâcher prise complètement au risque d’être perdu dans ce délire suffocant.
Raphaël Sallenave
In short:
French co-directors Bruno Forzani and Hélène Cattet have created one of the most insane films of the year, an explosive and unsettling parody of spy movies. It is a fairly experimental film filled with artistic references, particularly to the James Bond saga, with visual creativity that regularly plays on close-ups of eyes and mouths, or on disembodied and rather bloody violence that is completely exaggerated and offbeat. With somewhat over-the-top performances from the actors, the film creates a visual universe that in some ways resembles a comic book style. It is clearly an original and atypical style that is not always easy to grasp. This is especially true given that the film breaks all the rules of staging and storytelling in a story that never really begins, remaining merely a shadow of itself. Through a narrative that plays on memories and secrets, a multilingual story that switches between French, Italian, and English for no apparent reason, and the mystery surrounding a villain who makes his victims (including, unknowingly, the viewer) lose all sense of reality, the film not only depicts a mystery, it truly becomes one in its own right. It is a dense, anachronistic, and timeless film with a rather cryptic script that requires you to let go completely at the risk of getting lost in this suffocating delirium.
Raphaël Sallenave