Avatar : La Voie de l’Eau
Avatar: The Way of Water
Best Visual Effects – Oscars
Best Visual Effects – BAFTA
2 Animation Awards – Annie
9 Visual Effects Awards – VESA
2022

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Treize ans après avoir réalisé le plus gros succès de l’histoire du cinéma, James Cameron revient avec une suite encore plus ambitieuse et réussit haut la main ce projet dantesque ! Il signe un nouveau chef-d’œuvre visuel et une expérience de cinéma hors du commun qui nous plonge (littéralement) dans un océan de nouveaux décors riches en couleurs et en nuances. Il continue d’ouvrir la boîte de Pandora et filme ses environnements telle une grande découverte provoquant un émerveillement tel qu’il en bloquerait nos maxillaires ! L’immersion dans ce monde est totale, à tel point qu’on en oublie presque que l’on regarde un film dans une salle remplie d’autres humains et l’on ne voit absolument pas les 3h défiler ; on en redemanderait même à la fin …
« Avatar : La voie de l’eau » est un magnifique film de grand spectacle intelligent qui rend métaphoriquement hommage à la beauté de notre planète. En effet, avec un blockbuster de cette ampleur, Cameron met l’action pour le climat sur le devant de la scène avec une intrigue mêlant chasse à l’homme et à la baleine dans un environnement sublimé et menacé par un impérialisme humain écocide. Un film tel que celui-ci touchera bien évidemment plus de monde que l’un des documentaires National Geographic qu’il produit, alors il s’en sert pour diffuser son message et sensibiliser le grand public. Pandora sert ainsi de spectaculaire miroir de notre Terre à travers une ode à la nature et au vivant.
Comme à son habitude, James Cameron signe un scénario riche en thématiques universelles. La – dorénavant – franchise Avatar s’ancrait ainsi dans une critique de l’impérialisme, dans la préservation de l’environnement et dans un plaidoyer pour la nécessité de faire famille pour s’intégrer dans un monde hostile. Ce second volet se concentre alors plus sur la famille en elle-même, Jake et Neytiri ayant délaissé la passion pour l’éducation de leurs enfants, et la perte d’un environnement familier. S’il reprend dans les clans Na’vi un modèle d’éducation traditionnel, il valorise la famille composite avec les nombreux enfants s’ajoutant aux protagonistes.

Si la structure conventionnelle de l’intrigue peut ainsi en décevoir certains, ses éléments universels réussiront à parler et à plaire à tout un chacun. D’autant qu’à la faveur de son spectacle, Cameron réussit à glisser de nombreuses émotions à la faveur d’un script aux enjeux moins planétaires, plus resserrés sur la famille Sully, mais également plus forts en approfondissant les liens de famille ainsi que les liens avec la nature en intégrant notamment de touchants dialogues inter-espèces. Les émotions sont d’autant plus fortes que les visages Na’vi sont encore plus expressifs dans ce nouvel opus. Le seul bémol reste peut-être la bande-originale de Simon Franglen qui s’apparente plus à des variations des inoubliables compositions du regretté James Horner qu’à une nouvelle musique iconique. Mais là encore, ce bémol a son penchant positif dans la mesure où les musiques nous replongent facilement dans l’univers et font appel à notre mémoire du premier film pour amplifier l’émotion et l’émerveillement.
« Avatar : la voie de l’eau » est donc une immense réussite qui promet d’enfin reremplir les salles – qui en ont bien besoin en ce moment – c’est du très grand spectacle, un mythe moderne et une claque technologique. Pour finir, nous allons revenir plus en détails sur le long chemin emprunté par Cameron et les siens pour poursuivre leur révolution cinématographique entamée une décennie plus tôt. Tournée il y a déjà six ans et sur l’espace de trois années, cette suite d’Avatar était synonyme de nombreux défis à relever pour James Cameron. Le cinéaste canadien a constamment repoussé les limites technologiques du cinéma dans sa carrière et le premier « Avatar » constitue une révolution en ayant généralisé la projection numérique, relancé la 3D, perfectionné la technique de “performance capture” et introduit la “simulcam”.

C’était un projet trop audacieux pour les années 1990 qui a donc dû attendre que l’industrie rattrape son cinéaste visionnaire, et celui-ci a refait de même avec la suite en améliorant considérablement la “performance capture” pour permettre une plus grande nuance émotionnelle aux personnages Na’vi, en perfectionnant la 3D pour enrichir notre immersion dans ce monde, et enfin en plongeant son plateau de tournage sous l’eau.
Ce défi l’a poussé à collaborer avec Sony pour créer de toute pièce une caméra – la Venice – permettant aux cinéastes une palette inégalée de formats, résolutions et couleurs, et à transmettre à ses acteurs sa passion pour la plongée sous-marine dans un gigantesque bassin où son équipe a recréé les courants de l’océan pour les besoins du tournage. Les acteurs ont donc dû se surpasser pour jouer en apnée et battre notamment plusieurs records, avec en tête Kate Winslet jouant sous l’eau pendant plus de 7 minutes. N’ayez crainte, Tom Cruise tentera probablement de rebattre ce record dans une future mission vraiment impossible. Tous ces défis ont été relevés grâce à WETA Digital qui signe de très loin les plus beaux effets spéciaux jamais produits et à l’ensemble du casting parmi lesquels Sam Worthington, Zoe Saldaña, Stephen Lang et une impressionnante Sigourney Weaver – qui joue une adolescente – reviennent aux côtés de nombreux enfants dont la carrière ne manquera pas de décoller au rythme du box-office extraterrestre de la saga.
Mais les visuels et les émotions ne font pas tout, pour rendre son film hyper-immersif, James Cameron a développé une imagerie à haute gamme dynamique qui lui donne une plus grande variété de nuances dans les balances de couleur et donc accentue la profondeur de l’image. Il n’a de plus pas tourné son film en 24 images par secondes comme à l’accoutumée mais en 48 FPS car plus le nombre d’images par seconde est élevé et plus la perception des mouvements gagne en fluidité.
C’est donc une œuvre qui s’inscrit parfaitement dans la carrière de cet auteur-réalisateur unique, responsable d’une grosse partie de la R&D de l’industrie cinématographique. Un film à expérimenter en salles et si possible dans le meilleur format possible !
Raphaël Sallenave
Thirteen years after making the biggest success in the history of cinema, James Cameron returns with an even more ambitious sequel and succeeds brilliantly in this massive project! He delivers another visual masterpiece and an exceptional cinematic experience that submerges us (literally) in a sea of new settings full of color and nuance. He keeps on opening the Pandora’s box and shoots these environments like a great discovery triggering a sense of wonder that would freeze our jaws! The immersion in this world is absolute, so much so that we almost forget that we are watching a film in a room full of other humans and we absolutely do not see the 3 hours go by; we would even beg for more at the end …
“Avatar: The Way of Water” is an intelligent and gorgeous blockbuster that pays metaphorical tribute to the beauty of our planet. Indeed, with a blockbuster of this magnitude, Cameron brings climate action to the forefront with a plot that mixes human and whale survival in a sublimated landscape threatened by ecocide human imperialism. A film such as this one will obviously reach more people than one of the National Geographic documentaries he produces, so he uses it to spread his message and brings everybody’s awareness up. Pandora thus acts as a spectacular mirror of our Earth through an ode to nature and living beings.
As usual, James Cameron pens a script rich in universal themes. The Avatar franchise was anchored in a critique of imperialism, in the preservation of the environment and in a plea for the need to build strong bonds to adapt to a hostile world. This second part focuses more on the family itself, Jake and Neytiri having left behind their passion for parenthood, and the loss of a familiar place. If it takes up a traditional education model in the Na’vi clans, it values the blended family with the addition of several children to the protagonists.

If the conventional structure of the plot may disappoint some, its universal elements will succeed in speaking and appealing to everyone. Especially since, using this spectacle, Cameron succeeds in conveying many emotions through a script with less global stakes, more focused on the Sully family, but also stronger ones by deepening the family ties as well as the connections with nature, in particular by introducing endearing inter-species dialogues. The emotions are all the stronger as the Na’vi faces are even more expressive in this latest instalment. The only drawback could be the soundtrack by Simon Franglen which is more a variation of the unforgettable compositions of the late James Horner than a new iconic score. But here again, this downside has its positive side in that the music easily immerses us in the universe and calls upon our memory of the first film to heighten the emotion and wonder.
“Avatar: The Way of the Water” is therefore a huge achievement that promises to finally fill theaters – which are in dire need at the moment – it is a tremendous spectacle, a modern myth and a technological blow. Lastly, let’s go back to the long road taken by Cameron and his team to pursue their cinematographic revolution begun a decade ago. Shot six years ago and over the course of three years, this sequel to Avatar presented many challenges for James Cameron. The Canadian filmmaker has constantly pushed the technological limits of cinema in his career and the first « Avatar » is a revolution by having generalized the digital projection, revived 3D, perfected the technique of « performance capture » and introduced the « simulcam ».
It was too bold of a project for the 1990’s and had to wait for the industry to catch up with its visionary filmmaker, who did the same with the sequel by considerably improving performance capture to allow greater emotional nuance to the Na’vi characters, by perfecting 3D to enrich our immersion in this world, and finally by diving his film set underwater.

This challenge led him to collaborate with Sony to create a camera – the Venice – that allows filmmakers an unparalleled range of formats, resolutions and colors; and to pass on his passion for scuba diving to his actors in a giant tank where his crew recreated the ocean’s currents for filming conditions. The actors had to surpass themselves to act free diving and beat several records, with Kate Winslet leading the way by staying underwater for more than 7 minutes. But don’t worry, Tom Cruise will probably try to break this record in a future mission truly impossible. All these challenges have been met thanks to WETA Digital who created by far the most stunning special effects ever produced and to the entire cast among which Sam Worthington, Zoe Saldaña, Stephen Lang and an impressive Sigourney Weaver – who portrays a teenage girl – return alongside many children whose careers will surely take off along with the saga’s out-of-this-world box-office.
But visuals and emotions are not everything, to make his film hyper-immersive, James Cameron has developed a high dynamic range imagery that gives the film a greater variety of nuances in color balances and thus accentuates the depth of the image. He also did not shoot his film in 24 frames per second as usual but in 48 FPS because the higher the number of frames per second, the more fluid the perception of motion gets.
It is therefore a piece of art that fits perfectly into the career of this unique author-director, responsible for a large part of the R&D of the film industry. A movie to experience in theaters and if possible, in the best possible format!
Raphaël Sallenave