Shelby Oaks
2025

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À la fin des années 2000, le quatuor de youtubeurs de l’étrange baptisé Paranormal Paranoids disparaît mystérieusement aux abords de la ville fantôme de Shelby Oaks, dans le comté de Darke, dans l’Ohio. Mais si trois corps mutilés sont finalement retrouvés, celui de Riley Brennan ne l’est pas. Dix-sept ans plus tard, alors que Mia, la sœur aînée de Riley, convaincue que celle-ci est toujours vivante, est interviewée dans le cadre d’un documentaire, un troublant évènement va la pousser à établir la vérité…
« Shelby Oaks » est le premier long-métrage du vidéaste et critique Chris Stuckmann. Lancé d’abord grâce à 650 000 $ récoltés par financement participatif, le film en partie inspiré de la vie du réalisateur (issu d’une famille de Témoins de Jéhovah) a ensuite été propulsé par le producteur Mike Flanagan et acheté par la compagnie Neon. Mais le repérage de ce petit film indépendant par des pontes du cinéma l’a quelque peu dénaturé, défiguré, même.
Car l’idée de base, c’était de concevoir le tout quasi uniquement à partir de found footages. Et si effectivement, une place importante (voire prépondérante dans une introduction novatrice montée à la façon d’un très réaliste documentaire) est certes accordée à ces photos et vidéos de mauvaise qualité, le film devient bien plus lisse et classique au bout d’une vingtaine de minutes. Ce qui est dommage, puisque le marketing autour du projet se focalisait justement sur les nombreuses théories que pouvait susciter une telle histoire – théories carrément détaillées dans un site Internet spécialement créé pour l’occasion.
« Shelby Oaks » n’est cependant pas si mauvais. Oui, il reprend pêle-mêle toute une série de poncifs de l’épouvante – les rituels occultes, les lieux hantés, les personnes marginales –, mais le long-métrage maintient une certaine tension propre aux thrillers où Mia, l’enquêtrice incapable de faire le deuil de sa sœur (et de sa vie), est rattrapée [littéralement] par de vieux démons. Le résultat final est donc un mélange plutôt inégal mais correct, puisqu’il intrigue plus qu’il n’effraie, et ce n’est pas tout à fait inintéressant, surtout pour un film (initialement) indépendant.
Axel Chevalier
In the late 2000s, a quartet of YouTube paranormal investigators known as the Paranormal Paranoids mysteriously disappeared near the ghost town of Shelby Oaks in Darke County, Ohio. While three mutilated bodies were eventually found, Riley Brennan’s body was never recovered. Seventeen years later, while Riley’s older sister Mia, convinced that she is still alive, is being interviewed for a documentary, a disturbing turn of events will lead her to uncover the truth…
Shelby Oaks is the first feature film by videographer and critic Chris Stuckmann. Initially funded through $650,000 raised via crowdfunding, the film – partly inspired by the director’s own life (he comes from a family of Jehovah’s Witnesses) – was then pushed forward by producer Mike Flanagan and bought by the company Neon. But the exposure of this small independent film to industry heavyweights has somewhat distorted it, even disfigured it.
The whole idea was basically to make it almost entirely from found footage. And while these low-quality photos and videos do play a big part (if not the main part in a groundbreaking opening that’s edited like a super realistic documentary), the movie gets way smoother and more traditional after about 20 minutes. This is a shame, since the marketing around the project focused precisely on the many theories that such a story could inspire – theories that were detailed on a website created specifically for the occasion.
However, “Shelby Oaks” isn’t all that bad. Yes, it does throw in a whole bunch of horror clichés – occult rituals, haunted places, marginalized people – but the film maintains a certain tension typical of thrillers, where Mia, the investigator unable to mourn her sister (and her life), is caught up [literally] by old demons. The end result is a rather uneven but decent mix, as it intrigues more than it frightens, and it’s not entirely uninteresting, especially for an (initially) independent film.
Axel Chevalier