La Nuit du 12
(The Night of the 12th)
Meilleur Film – Césars
Meilleure Réalisation & Adaptation – Césars
Meilleur Acteur secondaire & Espoir – Césars
Meilleur son & César lycéen – Césars
Meilleur film étranger & Meilleur acteur – Magritte
2022

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Les premières secondes laissent une empreinte qui marquera tout le film. Atmosphère pesante face à cette affaire de meurtre non élucidée.
Dominik Moll laisse planer un trouble, une angoisse et cette obsession qui habite ce policier, Yohan. Il le filme au plus près de ses doutes, tantôt secret, tantôt abattu, désespéré.
Yohan, flic intègre, solitaire est hanté par cette affaire. Il a face à lui son collègue, Marceau, homme extraverti, révolté, à fleur de peau qui se bat et souffre face à sa situation de couple.
Trop investi émotionnellement, il mélange vie personnelle et vie professionnelle ce qui le mènera à sa perte. Tous les deux, à leur manière, sont des flics soucieux de rendre justice. Pour évacuer son mal être, Yohan s’adonne chaque soir à des tours de piste au vélodrome. Synonyme de ce crime où il ne fait que tourner en rond. Au bout de trois ans d’enquête, il finit par capituler et clôt ce dossier.
Ce n’est que par la rencontre d’une Juge, jouée par la délicieuse Anouck Grinberg, que le dossier va être rouvert. Changement de tableau où deux femmes redonnent vitalité et espoir à l’enquête. C’est une rencontre décisive pour Yohan qui lui offre un moment de grâce et semble faire tomber ses barrières. Sa nouvelle collègue dans la deuxième partie du film ouvre le champ des possibles et offre un peu de douceur. C’est à partir de là que le film change de ton. Plus féminin, plus doux où le questionnement des rapports hommes – femmes est posé.
Dominik Moll montre deux flics empreints de justice, de loyauté qui se heurtent aux difficultés des moyens face à une réalité très très sombre. Le choix des musiques accompagne les différentes scènes avec gravité et réalisme. Les seconds rôles sont justes et poignants et les dialogues laissent percevoir les problématiques de chaque personnage.
La femme est au cœur du film, elle questionne. « Il y quelque chose qui cloche entre les Hommes et les Femmes. » Il y a dans ce film de la fragilité, de la violence et de l’espoir.
Pascale Carrere
The first moments set the tone for the entire film. There is a heavy atmosphere surrounding this unsolved murder case.
Dominik Moll creates a sense of unease, anxiety, and obsession that consumes the police officer, Yohan. He shoots him up close, capturing his doubts, sometimes secretive, sometimes dejected, sometimes desperate.
Yohan, an honest, solitary cop, is haunted by this case. Opposite him is his colleague Marceau, an extroverted, rebellious, highly strung man who struggles and suffers in his relationship.
Too emotionally invested, he confuses his personal and professional lives, which ultimately leads to his downfall. Both men, in their own way, are cops committed to justice. To escape his misery, Yohan spends every evening cycling laps at the velodrome. It’s symbolic of this crime, where he just goes round and round in circles. After three years of investigation, he finally gives up and closes the case.
It is only when he meets a judge, played by the delightful Anouck Grinberg, that the case is reopened. The picture changes as two women breathe new life and hope into the investigation. It is a decisive encounter for Yohan, offering him a moment of grace and seemingly breaking down his barriers. His new colleague in the second part of the film opens up new possibilities and offers a little gentleness. It is from this point on that the film shifts tone. It becomes more feminine, more gentle, questioning the relationship between men and women.
Dominik Moll shows two cops imbued with justice and loyalty who are confronted with the difficulties of their limited resources in the face of a very, very dark reality. The choice of music accompanies the different scenes with gravity and realism. The supporting roles are accurate and poignant, and the dialogues reveal the issues facing each character.
Women are at the heart of the film, questioning if “There’s something wrong between men and women.” This film is about fragility, violence, and hope.
Pascale Carrere