La Fille au Bracelet
(The Girl with the Bracelet)
Meilleure Adaptation – Césars
2019/2020

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Le cauchemar de l’instruction !
Ce film judiciaire français de Stéphane Demoustier, librement inspiré du film argentin « Acusada » sorti en 2018, ne se réduit pas au genre du Whodunnit. Certes la question de « qui a tué » est bien présente tout au long du procès, mais le spectateur qui se retrouve en position de juré se demande progressivement « qui est Lise ? ». Cette jeune fille qu’on accuse d’avoir assassiné sa meilleure amie.
« La fille au bracelet » bascule dans le film psychologique où la personnalité de Lise devient le centre de l’intrigue, chacun essayant tant bien que mal de la cerner, y compris elle-même dans une certaine mesure. Elle semble être la seule, complétement, déconnectée de ce procès qui pourrait pourtant changer sa vie, son indifférence étant notamment soulignée par de nombreux silences suspects. Le film en joue d’ailleurs dès la scène d’introduction où les dialogues sont imperceptibles et où l’action nous semble inatteignable. Que signifie le changement de personnalité de Lise ? Lui a-t-on volé sa jeunesse ou a-t-elle volé une vie ? Tout est affaire d’interprétation.
Le véritable mystère de ce film reste donc son personnage principal, dont Stéphane Demoustier dresse le portrait en creux grâce aux interventions des différentes parties du procès et l’excellente interprétation de la jeune Melissa Guers. Roschdy Zem et Chiara Mastroianni jouent quant à eux ses parents, soutenant leur fille jusqu’au bout malgré la redécouverte de leur enfant par le procès. La sœur du réalisateur Anaïs Demoustier incarne quant à elle l’avocat général de la Cour d’Assise cherchant à prouver la culpabilité de notre personnage mystère comme l’exige son métier. Au final, ce film montre bien qu’on ne ressort pas indemne d’un procès : il nous laisse des séquelles morales et physiques comme le montre la scène finale…
Raphaël Sallenave
The nightmare of the lawsuit!
This French judicial film by Stéphane Demoustier, loosely based on the Argentine film “Acusada” released in 2018, is not just a Whodunnit. Of course, the question of « who’s the killer » is there throughout the trial, but the spectator who finds himself in the position of juror gradually asks himself « who’s Lise? « . This young girl who is accused of murdering her best friend.
“La fille au bracelet” (The girl with the bracelet) quickly shifts into a psychological film in which Lise’s personality becomes the center of the plot as everyone tries to figure her out, including herself to some extent. She seems to be the only one, completely disconnected from this trial that could change her whole life, her indifference being emphasized by numerous suspicious silences. The film actually uses those from the opening scene where the dialogue is imperceptible and the action seems unreachable. What does Lise’s change in personality mean? Has she been robbed of her youth or has she stolen a life? It’s all a matter of interpretation.
The real mystery of this film thus remains its main character, which Stéphane Demoustier portrays indirectly thanks to the interventions of the different parts of the trial and the excellent interpretation of the young Melissa Guers. As for Roschdy Zem and Chiara Mastroianni, they play her parents, supporting their daughter until the end despite the rediscovery of their child through the trial. The director’s sister Anaïs Demoustier plays the general prosecutor of the « Court of Assise » seeking to prove the guilt of our mystery character as required by her profession. In the end, this film clearly shows that we do not come out of a trial unscathed: it leaves us with moral and physical marks, as shown in the final scene…
Raphaël Sallenave