Ballad of a Small Player
2025

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Sous les lumières éblouissantes des casinos et de la Tour Eiffel de Macao, voici l’histoire d’un joueur fuyant son passé et ses dettes, mettant chaque jour sa vie en jeu littéralement (à travers l’argent) et symboliquement (par son refus du réel). Au milieu de ce chaos en perpétuel mouvement (les casinos ne s’arrêtant jamais), le film s’appuie sur un excès sensoriel dont la profusion visuelle de la ville (jets d’eau, néons, feux d’artifice) est illustrée dans une magnifique palette de couleurs et de bonnes musiques de Volker Bertelmann.
Edward Berger fait ici le choix de laisser de côté le scénario pour s’en remettre presque totalement aux interprètes (Colin Farrell, Fala Chen & Tilda Swinton) et à une mise en scène à nouveau très esthétique après « Conclave » et « A l’ouest rien de nouveau ». Les personnages ne sont ainsi quasiment pas développés, réduits à des figures minimales, où le protagoniste n’est rien d’autre qu’un joueur compulsif dont on ne sait presque rien. Il n’est ainsi dépeint qu’à travers son addiction, ce qui illustre bien les dangers de cette dernière.
C’est l’histoire d’un fantôme local, un homme acculé par son mode de vie, qui va jusqu’à envisager le suicide mais tente malgré tout, tout ce qu’il peut pour poursuivre sur la même voie. Au final, le film offre une trame intéressante sur une dépendance au jeu (ou de tout type) dont le blocage peut continuer à blesser sans provoquer la moindre sortie de route, si ce n’est peut-être le mal des autres … Et bien que la fin réussisse à dégager une certaine force d’un personnage auquel on ne s’attache pourtant pas vraiment, « Ballad of a Small Player » manque cruellement d’intérêt (en particulier dans sa première moitié) pour être réellement captivant !
Raphaël Sallenave
Under the dazzling lights of Macau’s casinos and Eiffel Tower, this is the story of a gambler fleeing his past and his debts, literally putting his life on the line every day (through money) and symbolically (through his refusal to face reality). Amidst this constantly shifting chaos (the casinos never stop), the film relies on sensory excess, with the city’s visual extravagance (water fountains, neon lights, fireworks) captured in a gorgeous color palette featuring a great score by Volker Bertelmann.
Edward Berger chooses here to set aside the script and rely almost entirely on the actors (Colin Farrell, Fala Chen, and Tilda Swinton) and on the aesthetic style, which is once again very impressive after “Conclave” and “All Quiet on the Western Front”. The characters are therefore barely developed, reduced to minimal figures, with the protagonist being nothing more than a compulsive gambler about whom we know almost nothing. He is thus portrayed solely through his addiction, which effectively illustrates its dangers.
This is the story of a local ghost, a man cornered by his way of life, who goes so far as to think about suicide but still tries everything in his repertoire to keep going down the same route. Ultimately, the film offers an interesting storyline about gambling addiction (or addiction in general) that can keep hurting someone without causing them to veer off course, except perhaps by hurting others… And although the ending manages to convey a certain poignancy from a character we don’t really care about, “Ballad of a Small Player” sorely lacks interest (especially in its first half) to be truly captivating!
Raphaël Sallenave