Arco
2025

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Polychromatique. Difficile de parler de ce film d’animation sans évoquer ses couleurs, omniprésentes, autant dans ses irisées images que dans les noms de ses deux principaux personnages, ou que dans ses puissants messages. Réalisé par Ugo Bienvenu, « Arco » est un long-métrage de science-fiction à l’univers raffiné : tout y est enchanteur, même les éléments et les évènements moins ravissants, et ce du fait d’une gamme infinie de nuances et de pigments qui, sans jamais en faire trop, nous emportent dans un monde envoûtant qui façonne plus ses habitants que l’inverse. Faut-il dire que l’extraordinaire musique d’Arnaud Toulon s’insère parfaitement dans cette symphonie multicolore, et même la parachève.
Ce que présente d’abord « Arco », c’est une planète magnifique qui, malheureusement exsangue à force d’être souillée et surexploitée, s’épuise à rappeler aux êtres humains que c’est la nature qui les domine et non l’inverse. Dans ce monde qui s’effondre, la jeune Iris angoisse pour son avenir malgré de majeures avancées technologiques – technosolutionnisme qui pourtant ne résout rien. Les parents d’Iris ne sont même pas auprès d’elle, et c’est un robot androïde déjà vétuste pour l’époque qui fait office de nourrice. La jeune fille fait pourtant un vœu : que tout cela change. Et un certain Arco tombe du ciel…
Fable écologiste autant pour enfants que pour adultes à l’instar de nombreux films de Hayao Miyazaki, « Arco » se veut néanmoins plus réaliste, mais aussi peut-être plus optimiste. L’univers créé par Ugo Bienvenu et son équipe laisse en effet plus de place à l’espoir : les êtres humains semblent tous réellement conscients des catastrophes qu’ils ont causées et aggravées, mais ils ne sombrent pas dans le fatalisme pour autant. À l’échelle de l’intrigue, tous les personnages, si différents et n’ayant pas du tout les mêmes visées, s’entraident afin d’améliorer à leur échelle le sort du monde dans son ensemble. Il s’agit donc aussi d’une histoire de solidarité, d’amitié, somme toute d’humanité, où chacune et chacun resplendit et contribue à la beauté infinie de l’univers et de ses arcs-en-ciel, malgré les passages nuageux.
Axel Chevalier
Colourful. It’s hard to talk about this animated film without mentioning its colours, which are everywhere, from its iridescent visuals to the names of its two main characters and its powerful messages. Directed by Ugo Bienvenu, Arco is a science fiction feature film with a sophisticated universe: everything about it is enchanting, even the less delightful elements and moments, thanks to an infinite range of shades and pigments that, without ever overdoing it, transport us to a spellbinding world that shapes its inhabitants more than they shape it. Needless to say, Arnaud Toulon’s magnificent music fits perfectly into this multicolored symphony, to the point of bringing it to perfection.
What “Arco” portrays first and foremost is a beautiful planet that, sadly drained by pollution and overexploitation, is exhausted from reminding humans that nature rules them, not the other way around. In this collapsing world, young Iris worries about her future despite major technological advances—technosolutionism that nevertheless solves nothing. Iris’s parents are not even with her, and it is an android robot, already outdated for its time, that acts as her nanny. Yet the young girl makes a wish: that all this will change. And then a certain Arco falls from the sky…
“Arco” is an ecological fable for both children and adults, much like many of Hayao Miyazaki’s films, but it aims to be more realistic and perhaps more optimistic. The world created by Ugo Bienvenu and his team leaves more room for hope: human beings all seem genuinely aware of the disasters they have caused and intensified, but they do not sink into fatalism. In terms of the plot, all the characters, despite their differences and conflicting goals, help each other to improve the fate of the world as a whole in their own small way. It is therefore also a story of solidarity, friendship, and ultimately humanity, where each and every one shines and contributes to the infinite beauty of the universe and its rainbows, despite the cloudy times.
Axel Chevalier