Rsg Production

Exit 8

 
8番出口
8-ban deguchi

2025

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« Ne négligez aucune anomalie. Si vous en voyez une, faites demi-tour. Si vous n’en voyez pas, continuez d’avancer. Prenez la sortie 8. » Dans un réseau métropolitain japonais, un homme se perd parmi le dédale des kilomètres de couloirs souterrains effrayamment identiques. Il se retrouve en réalité piégé. À moins qu’il respecte les curieuses règles inscrites sur un panneau lui indiquant comment sortir d’ici.

« Exit 8 », c’est au départ un jeu vidéo sorti fin 2023 sur Steam puis dès 2024 sur toutes les consoles du moment. Simulateur de balade en vue subjective, le jeu nous fait déambuler dans un métro oppressant où chaque détail détermine notre passage à l’étape suivante, voire détermine notre survie. Le long-métrage reprend ainsi tous les codes du jeu vidéo, avec des caméras parfois à la première personne, parfois à la troisième personne, mais aussi parfois fixes, le tout avec des scènes terriblement répétitives – visuellement comme sonorement.

Des scènes répétitives, quoique, oui et non. Le jeu comme le film reposent sur la détection d’anomalies de tous ordres, que les personnages comme les spectateurs ne remarquent pas toujours, de sorte que dans cette ambiance étouffante, l’on commence à se demander si l’on ne perd pas la raison. C’est le principe des backrooms, cette fameuse dimension parallèle où le temps et l’espace sont distordus dans des environnements à la fois étrangement familiers et épouvantablement suspendus entre plusieurs mondes.

Thriller au concept relativement simple, « Exit 8 » parvient parfaitement à mettre en images la croissante terreur que suscitent ces labyrinthes infinis – dont les mythologies sont fabuleusement nées sur Internet. Les backrooms font tant douter de tout qu’elles font ressortir nos peurs, regrets et traumatismes existentiels, tant personnels que sociétaux – ici autour de la parentalité, du travail et des catastrophes naturelles. Le long-métrage est ainsi une réussite parce que sans prétention mais non dénué d’une esthétique et d’une atmosphère typiques d’un univers horrifique que l’on ne demande qu’à voir plus encore à l’écran.

Axel Chevalier

 

“Don’t overlook any anomalies. If you see one, turn back. If you don’t see any, keep going. Take exit 8.” In a Japanese subway complex, a man gets lost in a maze of miles of eerily identical underground corridors. He finds himself, in fact, trapped. Unless he follows the strange rules written on a sign telling him how to get out of there.

“Exit 8” was originally a video game released in late 2023 on Steam and then in 2024 on all current consoles. A first-person walking simulator, the game takes us on a journey through an oppressive subway system where every detail determines our progress to the next stage, or even our survival. The movie thus takes up all the codes of the video game, with cameras sometimes in the first person, sometimes in the third person, but also sometimes still, all with terribly repetitive scenes – both visually and acoustically.

Although, the scenes are repetitive, they are and they aren’t. Both the game and the film are built around detecting anomalies of all kinds, which the characters and viewers don’t always notice, so that in this stifling atmosphere, you start to wonder if you’re losing your mind. This is the idea behind backrooms, that famous parallel dimension where time and space are twisted in environments that are both strangely familiar and terrifyingly suspended between several worlds.

“Exit 8” is a thriller with a relatively simple concept, but it perfectly captures the growing terror inspired by these endless labyrinths – whose legends grew out of the internet. Backrooms make us doubt everything so much that they bring out our fears, regrets, and existential traumas, both personal and societal – here around parenting, work, and natural disasters. The film is therefore a genuine success because it is unpretentious and yet displays an aesthetic and atmosphere typical of a horror universe that we are eager to see more of on screen.

Axel Chevalier

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