Lioness
[TV]
Saison/Season 3
2026

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La série d’espionnage et d’action militaire de Paramount+ emprunte définitivement la direction engagée dans la précédente saison en continuant de s’éloigner du programme d’infiltration féminine exploré en première saison. Mais force est de constater, que la série a probablement trouvé la formule juste pour son récit dans une troisième saison qui réussie hautement sa mission.
La saison s’ouvre ainsi sur un épisode de guerre totale en Ukraine donnant immédiatement le ton pour la suite. « Lioness » réussit toujours aussi bien sa gestion de la tension du début à la fin au gré de dialogues encore assez fonctionnels et explicatifs malgré de bonnes interactions de personnages, notamment dans une intrigue centrée cette fois sur les risques familiaux pour la protagoniste – bien que les personnages secondaires restent sous-développés, en particulier le traitement de la famille qui reste très schématique. Autour de sa troupe principale – qui est passée de force de réaction rapide à équipe d’intervention commando dans les précédentes saisons, avant de devenir ici la garde rapprochée de notre héroïne – la série maintient donc son rythme effréné d’ennemis et de menaces extérieures. Cela est surtout dû à une seconde saison qui a dissipé les conflits internes (que ce soit le duel de leadership au sein du programme de la CIA, les difficultés personnelles de la recrue, ou les impératifs de la hiérarchie) au profit d’un groupe entièrement uni qui fait face à un ensemble de conflits étrangers, perdant probablement un peu en subtilité mais gagnant en efficacité.

Mais là où cette saison se distingue véritablement c’est dans la construction narrative qui introduit une double temporalité dans une structure qui parfois alterne entre les épisodes et parfois les scinde pour dédoubler les enjeux et les faire se répondre dans d’intéressants parallèles qui créent un récit particulièrement captivant. Celui-ci mélange de plus la dimension espionne de la première saison avec l’ambiance plus militaire de la seconde dans une intrigue habilement ficelée qui mêle intérêts pétroliers, conflit russo-ukrainien, agents double et négociations entre services de renseignements pour relier le tout avec le cœur de l’intrigue sur l’infiltration de la première saison dans une conclusion qui pour la première fois réussit à générer une vraie attente pour sa prochaine saison. De ce point de vue-là, c’est peut-être moins original qu’au début, mais cette saison est certainement plus maîtrisée et s’impose probablement comme la meilleure de la série à ce jour.
Mais si la trame est de qualité, tout comme l’écriture et la réalisation, derrière tout ça cette saison intrigue aussi pour le flou idéologique qu’elle maintient. Car si l’on commence à regarder cette saison sous l’angle politique et son message de fond, « Lioness » sert vraiment de plaidoyer pour plus de sécurité au gré d’événements favorisant un discours très pro-armes, anti-régulation et anti-système sur la désinformation des médias dans une vision du monde (américain) faite de menaces constantes et donc de besoin constant de sécurité, sans le moindre horizon de paix. L’intrigue d’espionnage s’aventure même – de manière intéressante il est vrai – dans des hypothèses très anti-alliés et anti-Ukraine. Mais d’un autre côté, cette même saison ne diminue pas non plus le poids de ses actions – un meurtre est un meurtre, ce n’est pas qu’un dommage collatéral de la guerre – en explorant assez loin les conséquences des erreurs et errements de la CIA (tuerie civile, échange inutile, mine d’or d’information sacrifiée). L’ensemble parle donc de cette frontière floue de l’inévitable en tentant de concilier de manière étonnamment intrigante l’idéologie far-right de son auteur avec les dynamiques d’un public bien plus large.
Paramount+’s spy and military action series definitively builds on the direction set in the previous season, continuing to move away from the female undercover storyline explored in the first one. But clearly, the series seems to have found the right formula for its narrative in a third season that more than fulfills its mission.
The season thus opens with an episode of all-out war in Ukraine, immediately setting the tone for what’s to come. “Lioness” continues to excel at building tension from start to finish, relying on dialogue that remains somewhat functional and expository despite strong character interactions, particularly in a plot that this time centers on the family risks facing the protagonist – though the supporting characters remain underdeveloped, especially the portrayal of the family, which remains very superficial. Around its core unit – which has evolved from a QRF to a proper strike group in previous seasons, before becoming our heroine’s personal security detail here – the series thus maintains its breakneck pace of enemies and external threats. This is largely due to a second season that has swept away internal conflicts (whether the leadership struggle within the CIA program, the recruit’s personal struggles, or the priorities of the hierarchy) in favor of a fully united group facing a series of external conflicts, likely losing a bit of subtlety but gaining in efficacy.

But where this season truly stands out is in its narrative structure, which introduces a dual timeline – sometimes alternating between episodes and sometimes splitting them in two – to double the stakes and create intriguing parallels that make for a particularly captivating story. It also blends the espionage elements of the first season with the more military atmosphere of the second one in a smartly crafted plot that weaves together oil interests, the Russian-Ukrainian conflict, double agents, and negotiations between intelligence agencies – all tied together with the core plot of the first season’s infiltration in a conclusion that, for the first time, successfully builds genuine anticipation for the next season. From that perspective, it may be less original than it was at the start, but this season is certainly more sophisticated and likely stands out as the best of the series so far.
But while the plot is strong – as are the writing and direction – this season also sparks intrigue because of the ideological ambiguity it fosters. Indeed, if we begin to view this season through a political lens and examine its underlying message, “Lioness” truly serves as a plea for greater security, driven by events that promote a strongly pro-gun, anti-regulation, and anti-establishment narrative regarding media disinformation – all within an (American) worldview characterized by constant threats and, consequently, a constant need for security, with no prospect of peace in sight. The espionage plot even ventures – admittedly in an interesting way – into scenarios that are strongly anti-allied and anti-Ukraine. On the other hand, this same season does not downplay the gravity of its actions – a murder is a murder; it is not merely collateral damage of war – by delving quite deeply into the consequences of the CIA’s mistakes and missteps (civilian killings, a pointless exchange, a goldmine of intelligence sacrificed). The series as a whole thus deals with this blurred line of the inevitable, attempting to reconcile – in a surprisingly intriguing way – the author’s far-right ideology with the sensibilities of a much broader audience.