Rsg Production

House of the Dragon

 
[TV]
Saison / Season 3
 

2026

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L’heure de l’orage est venue ! Westeros se déchire ! Les dragons sont désormais entrés dans la danse, et derrière les armées, il ne reste plus que des ruines et des cendres. Cette troisième saison est celle de la guerre, et l’ampleur de ses destructions et ravages met d’autant plus en perspective jusqu’où les hommes sont prêts à aller pour le pouvoir … car tout cela découle finalement d’un simple désaccord d’héritage !

Après une seconde saison qui s’était achevée sur d’ultimes mouvements de pions, cette saison rebat immédiatement tout l’échiquier avec une immense bataille d’introduction qui nous plonge directement dans le feu du conflit. Problème, ce qui sert ici d’introduction aurait dû constituer la conclusion de la saison précédente. Résultat avec ce nouveau format de saison en 8 épisodes – dont les deux premiers servent d’aboutissement narratif aux arcs de la précédente saison – il ne reste que peu d’épisodes pour développer les conséquences de cette guerre totale. Cette saison trois donne alors parfois l’impression d’aller vite tout en … prenant son temps.

Si la saison souffre donc d’un défaut structurel, elle offre néanmoins un riche récit finement écrit qui prend quelques libertés, tout en restant très fidèle dans l’ensemble, avec le roman d’origine dont les narrateurs biaisés offrent une certaine liberté d’interprétation. Après s’être attelé à décortiquer comment accéder au pouvoir (quand on est une femme), la série s’attaque donc désormais à déceler comment y rester. Le parcours de Rhaenyra est en cela particulièrement intéressant en tant que figure féminine en quête de légitimité confrontée à la nature corruptrice du pouvoir. Son triomphe ressemble en effet immédiatement à une perte – ce que la mise en scène illustre d’ailleurs habilement – morale et humaine. Puisque la douceur et l’empathie n’ont pas porté leurs fruits, elle se tourne vers la peur en allant jusqu’à agir contre sa nature, à se débarrasser de sa boussole morale et tactique, et in fine à basculer dans l’iconographie fasciste et l’auto-prophétie. Elle devient peu à peu dans cette saison, ce qu’elle a juré de combattre, ce qui revient finalement à remettre le pouvoir aux mains de l’ancien Daemon alors même que le choix de Viserys à l’origine de tous ces événements, avait justement été fait pour éviter cela.

Ce que réussit haut la main cette saison c’est donc ce difficile basculement de point de vue, c’est une trahison du spectateur, la série rendant ainsi sa protagoniste principale détestable et offrant une perspective horrifique pour la suite tant la seule once d’espoir restant est désormais incarnée par Aegon ! Le plan final symbolise cela en montrant qu’une fois le pouvoir conquis, son royaume lui est désormais inatteignable – et nous spectateurs, avec. Mais cette structure de saison limite malheureusement certains développements tout aussi intéressants à l’image des trajectoires parallèles de Jaecerys & Rhaena ou du parallèle entre les prises de conscience de Daemon & Aemond à Harrenhal, sans oublier de nouveaux personnages introduits qui n’ont pas le temps de creuser une profonde identité avant leur propre tombe.

Cette saison s’impose alors comme la moins convaincante de la série, avant une ultime qui aura fort à faire narrativement et émotionnellement. Pourtant, difficile de reprocher quoi que ce soit à sa maîtrise technique. Visuellement, « House of the Dragon » continue d’envoyer du lourd : décors monumentaux, costumes somptueux, dragons, flammes et effets pratiques donnent à Westeros une matérialité impressionnante. La multiplication des lieux et ses bonnes transitions narratives offrent de plus une certaine ampleur à un récit rythmé et maîtrisé. Mais malgré cette ampleur et ses bonnes idées de scénario, cette saison trois peine à laisser une empreinte aussi mémorable qu’elle le devrait.

Raphaël Sallenave
 

The storm has come! Westeros is tearing itself apart! The dragons have now entered the dance, and in the wake of the armies, nothing remains but ruins and ashes. This third season is one of war, and the scale of its destruction and devastation puts into even sharper perspective just how far men are willing to go for power… because it all ultimately stems from a simple dispute over inheritance!

After a second season that ended with some final strategic moves, this season immediately reshuffles the entire chessboard with a massive opening battle that throws us straight into the heat of the action. The problem is that what serves as the introduction here should have been the conclusion of the previous season. As a result, with this new eight-episode season format – in which the first two episodes serve as the narrative culmination of the previous season’s story arcs – there are only a few episodes left to explore the consequences of this all-out war. Season three, then, sometimes gives the impression of moving quickly while… also taking its time.

While the season may suffer from a structural flaw, it nonetheless offers a rich, finely crafted narrative that takes a few liberties – while remaining largely faithful – to the original novel, whose biased narrators allow for a certain degree of creative license. After focusing on how to rise to power (as a woman), the series now turns its attention to how to hold onto it. Rhaenyra’s journey is particularly interesting in this regard as a female figure seeking legitimacy while confronted with the corrupting nature of power. Her triumph, in fact, immediately feels like a loss – which the direction skillfully illustrates – both moral and human. Since gentleness and empathy have failed to deliver results, she turns to fear, going so far as to act against her own nature, to cast aside her moral and tactical compass, and ultimately to slip into fascist iconography and self-fulfilling prophecy. Over the course of this season, she gradually becomes the very thing she swore to fight, which ultimately amounts to handing power back to the former Daemon – even though Viserys’s choice, which set all these events in motion, had been made precisely to prevent that from happening.

What this season does remarkably well, then, is this difficult shift in perspective – it’s a betrayal of the viewer – as the series makes its main protagonist utterly detestable and sets up a terrifying prospect for what’s to come, since the only glimmer of hope left is now embodied by Aegon! The final shot symbolizes this by showing that once power has been seized, her kingdom is now out of her reach – and so are we, the viewers. But unfortunately, the structure of this season limits certain equally interesting developments, such as the parallel arcs of Jaecerys and Rhaena or the similar realizations experienced by Daemon and Aemond at Harrenhal, not to mention the new characters introduced who don’t have time to develop a deep sense of identity before meeting their end.

This season thus stands out as the least compelling of the series, ahead of a final one that will have a lot to achieve narratively and emotionally. Yet it’s hard to fault its technical craftsmanship. Visually, “House of the Dragon” continues to deliver in a big way: monumental sets, lavish costumes, dragons, flames, and practical effects give Westeros an impressive sense of reality. The variety of locations and smooth narrative transitions also lend a certain scope to a well-paced and well-crafted narrative. But despite this scope and interesting plot ideas, Season 3 struggles to leave as memorable an impression as it should.

Raphaël Sallenave
A Knight of the Seven Kingdoms - S1
House of the Dragon - S2