Rsg Production

Girl

 
Nǚhái – 女孩
 
Best Cinematography – Taipei Festival
Best Director – Busan Festival
Best New Director – HKDGA

2025/2026

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“Pourquoi ton sourire est si triste ?”

Pour son premier film derrière la caméra l’actrice taïwanaise Shu Qi (Millenium Mambo ; The Assassin ; Resurrection) signe un film de femmes qui aborde les violences familiales dans un récit tout aussi dur qu’il s’avère sensible et délicat. La néo-réalisatrice nous plonge dans le Taipei des années 1980 au gré de dialogues en mandarin et minnan, auprès d’une jeune fille timide et effacée (bien plus que sa sœur) qui vit dans une famille pauvre entre une mère qui trime au salon de coiffure le jour et à la fabrique-maison de fleurs le soir, et un père alcoolique chevronné et mécanicien à ses heures sobres. Mais si elle ne connaît que cette société patriarcale oppressante, une rencontre va lui ouvrir une fenêtre vers un nouveau monde …

A travers une splendide mise en scène qui joue d’une magnifique palette de couleurs, d’un éclairage de contraste à la « In the mood for Love », et de plans fixes qui laissent les scènes vivre et les acteurs évoluer, Shu Qi développe un film historique à l’univers réaliste teinté d’onirisme. Son récit d’apprentissage touchant et intelligent mêle honte, humiliation et soumission dans une histoire d’abus systémiques où la différence de traitement entre sœurs dit beaucoup de l’éducation et de l’héritage familial que les individus intègrent inconsciemment. Au fil de flash historiques qui gagnent progressivement en clarté sur deux points de vue en parallèle, elle tisse un itinéraire cyclique qui donne au film tout son sens sur ce que l’on transmet malgré soi. Un très beau film qui parle de l’histoire sociale de Taïwan, et par là aussi de son présent …

Raphaël Sallenave

 

“Why does your smile look so sad?”

In her directorial debut, Taiwanese actress Shu Qi (Millennium Mambo; The Assassin; Resurrection) delivers a film centered on women that tackles domestic violence in a narrative that is as harsh as it is sensitive and delicate. The first-time director brings us to 1980s Taipei through dialogue in Mandarin and Minnan, following a shy and reserved young girl (far more so than her sister) who lives in a poor family with a mother who works tirelessly at a hair salon by day and in a home-based flower factory by night, and a seasoned alcoholic father who works as a mechanic in his sober hours. But though she knows nothing but this oppressive patriarchal society, one encounter will open a window for her to a new world…

Through stunning cinematography that makes use of a magnificent color palette, high-contrast lighting reminiscent of “In the Mood for Love”, and static shots that allow the scenes to breathe and the actors to thrive, Shu Qi crafts a historical film set in a realistic world infused with a dreamlike feel. Her touching and intelligent coming-of-age story intertwines shame, humiliation, and submission in a tale of systemic abuse, where the disparity in how sisters are raised reveals a great deal about the upbringing and family legacy that people unconsciously embrace. Through historical flashes that gradually shed light on two parallel perspectives, she weaves a cyclical narrative that gives the film its full meaning regarding what we pass on unwillingly. A truly beautiful film that explores Taiwan’s social history and, by extension, its present…

Raphaël Sallenave

Left-Handed Girl
Manas