Rsg Production

Bandi

 
[TV]
Saison / Season 1
 

2026

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Six ans après la conclusion du « Bureau des Légendes » sur Canal+, devenu chef d’œuvre du genre, Éric Rochant, et sa fille Capucine, quittent le monde de l’espionnage pour plonger dans celui des trafics de drogues et des milieux défavorisés en Martinique. Les films et séries sur la Martinique étant déjà assez rares, alors une série intégralement tournée et produite sur place, fait de « Bandi » une véritable exception, d’autant plus dans le catalogue Netflix. Mêlant drame familial et série de gangsters, elle n’a pas plus vocation à représenter la culture et l’histoire de l’île dans son intégralité que tout autre film de gangster français (ou américain) représenterait l’entièreté de la culture hexagonale (ou étatsunienne). Mais elle ancre bien évidemment son histoire dans son territoire dans une ambiance locale bien rendue avec beaucoup de musiques – qu’elle intègre intelligemment avec certains personnages –, des acteurs amateurs martiniquais dans les rôles principaux (un choix osé), et des dialogues mêlant constamment français et créole.

Les Rochant développent une ample intrigue familiale sur 11 frères et sœurs luttant pour rester unis face à l’adversité du monde. Si pour certains la rue et la drogue semblent être la seule issue, ce choix est loin de faire l’unanimité et met à rude épreuve cette famille où les jeunes personnages sont âgés de 6 à 25 ans. S’ouvrant et se clôturant sur la bague familiale, c’est une histoire aboutie de déchirement et d’amour où la trame enchaîne avec précision dialogues ciselés et situations de plus en plus tendues. Malgré un premier épisode légèrement inégal, « Bandi » gagne en intensité au fil des épisodes et s’impose comme une excellente série à la fois tendre et nerveuse. Particulièrement bien écrite, elle prend toujours le temps de façonner tous ses personnages (malgré son format moderne de seulement huit épisodes, ce qui n’est pas chose aisée), chacun avec leurs forces et faiblesses, tous intelligents dans leur domaine et attachants à leur façon. Bref, il y a un peu de « The Wire » dans cette trame mêlant intrigue criminelle et enfantine, tout en réussissant à susciter ce côté addictif propre aux séries Netflix – sans toutefois en adopter leur structure standardisée.

Avec un rythme soutenu au gré d’une narration assez rapide, « Bandi » réussit à rapidement nous convaincre et nous happer dans une intrigue riche en péripéties qui laissait clairement la porte ouverte à une potentielle seconde saison. Mais si elle fait assurément souffler un vent de fraîcheur sur le catalogue de la plateforme rouge, Netflix a finalement et malheureusement (déjà) annulé la suite. Un choix étonnant au vu des chiffres encourageants de la première saison, et qui semble surtout assez prématuré, à peine trois semaines après son lancement …

Raphaël Sallenave
 

Six years after the conclusion of “The Bureau”, which has become a masterpiece of its genre, Éric Rochant and his daughter Capucine leave the world of espionage to delve into that of drug trafficking and deprived communities in Martinique. Since films and series set in Martinique are already quite rare, a series entirely shot and produced on location makes “Bandi” a true exception, especially within the Netflix catalog. Blending family drama and gangster series, it is no more intended to represent the island’s culture and history in its entirety than any other French (or American) gangster film would represent the whole of French (or American) society. But it obviously grounds its story in its environment, capturing a well-rendered local atmosphere with plenty of music – which it cleverly integrates with certain characters – amateur actors from Martinique in the lead roles (a bold choice), and dialogue that constantly mixes French and Creole.

The Rochants weave a sweeping family saga centered on 11 siblings struggling to hold together in the face of the world’s hardships. While for some, the streets and drugs seem to be the only way out, this choice is far from unanimous and puts a severe strain on this family, whose young protagonists range in age from 6 to 25. Opening and closing with the family ring, it is a well-crafted story of conflict and love, where the narrative seamlessly weaves together finely crafted dialogue and increasingly tense situations. Despite a slightly uneven first episode, “Bandi” gains intensity as the episodes unfold and establishes itself as an excellent series that is both tender and edgy. Particularly well-written, it always takes the time to develop all its characters (despite its modern eight-episode format, which is no easy feat), each with their own strengths and weaknesses, all intelligent in their own way and endearing in their own right. In short, there’s a bit of “The Wire” in this plot that blends criminal and child-related intrigue, while managing to capture the addictive quality unique to Netflix series – without, however, adopting their standardized structure.

With its fast-paced narrative, “Bandi” quickly wins us over and draws us into a plot full of twists and turns that clearly left the door open for a potential second season. But while it certainly brought a breath of fresh air to the streaming platform’s catalog, Netflix has ultimately and unfortunately (already) canceled the show. A surprising decision given the promising figures from the first season, and one that seems particularly premature, just three weeks after its launch…

Raphaël Sallenave
Plaine Orientale
Marmaille