Rsg Production

Maul : Shadow Lord

 
[TV]
Saison / Season 1
 

2026

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Première fois que l’univers Star Wars s’aventure dans les méandres du côté obscur de la narration avec cette mini-série (5×2 épisodes de 20’) sur un méchant, et pas des moindres, avec l’iconique assassin Sith de « La Menace Fantôme ». Nous sommes cette fois sur une planète éloignée dans le monde des gangs locaux et du crime organisé lors de l’avènement du nouvel empire instauré par son ancien maître Palpatine. Maul y cherche à se venger de la trahison des anciens membres du cartel qu’il en était venu à diriger sur la fin de la guerre des clones, et se positionne donc dorénavant à la fois comme parrain mafieux qu’ex-seigneur Sith, tout aussi revanchard dans l’une ou l’autre de ses identités cachées.

Pour la première fois dans l’univers d’animation de Star Wars, cette nouvelle série n’introduit pas de nouveaux protagonistes et prolonge plutôt l’histoire déjà très dense d’un personnage développé dans de multiples films et séries. Elle s’adresse donc évidemment avant tout aux fans ayant grandi avec « The Clone Wars » mais reste néanmoins tout à fait accessible aux enfants d’aujourd’hui (en dosant habilement sa violence) et au public n’ayant pas suivi le reste des aventures d’animation (en se concentrant sur de nouveaux enjeux sans s’appuyer sur trop d’éléments référencés). Si les autres séries d’animation de Lucasfilm comme l’excellente « Rebels » étaient plutôt structurées sur un format d’une mission par épisode avec une progression de saison en saison de plus en plus mature et moins enfantine, « Shadow Lord » bouleverse ces codes avec une intrigue globale sur l’ensemble de la saison, et un ton déjà beaucoup plus adulte et sombre dès le départ.

L’animation portée par l’équipe de Brad Rau (The Bad Batch) et Dave Filoni change aussi profondément des précédentes séries dans un style plus ‘dessin’ qui en met plein la vue entre ses magnifiques couleurs, ses splendides décors en peinture sur cache, et une impressionnante fluidité des personnages beaucoup plus vive qu’avant. « Shadow Lord » joue en effet beaucoup sur la vitesse et le dynamisme de ses plans et de ses personnages dans des mouvements de sabre laser qui ‘collent à l’image’ par exemple ou des chorégraphies martiales très travaillées, notamment dans de superbes enchaînements au sabre laser. Il faut dire qu’au-delà des graphismes, la mise en scène épouse véritablement son cadre que ce soit lors des assauts les plus brutaux de Maul où son sabre littéralement crie la rage de ses coups, ou dans une introduction des inquisiteurs impériaux proprement effrayante – transmettant la sensation que ces personnages procurent autour d’eux. On est sur une vraie petite pépite d’animation !

Si la très courte durée des épisodes et de la trame de cette première saison peut créer un peu de frustration, c’est que l’intrigue a de l’ampleur et qu’elle aurait pu mériter plus de temps (que ce soit dans ses magnifiques environnements ou dans ses péripéties). On est sur une intrigue criminelle qui mêle également implication impériale et manipulation Sith. C’est l’histoire d’un personnage qui affronte le côté obscur à l’aide du côté obscur, dans les pas de son propre maître jusque dans la stratégie qu’il applique à son univers criminel. Il y provoque un conflit entre deux parties déjà sous tension pour éliminer l’une des deux et s’accaparer plus de pouvoir. Ce que Sidious a réalisé à l’échelle galactique, il le reproduit à son niveau.

Mais c’est aussi l’histoire d’un être qui persévère dans sa souffrance pour aller au-delà de ses blessures. Maul s’oppose ainsi à l’Empire dans un combat qui rejoint en principe celui des Jedi, mais qu’il choisit de mener avec colère, rage et agressivité. Les armes des Sith. Et c’est là le cœur de cette série : où un tel combat, aussi noble soit-il, peut-il mener à travers les tourments de la haine ? Les points de vue du policier local (Wagner Moura) et de deux Jedi en fuite tiraillés entre leurs principes et leur vie de cavale offrent alors une perspective extérieure sur cette pente glissante qu’est le côté obscur, efficace pour lutter contre les oppresseurs mais qui enferme rapidement dans un monde de monstres.

Les enseignements d’un tel personnage principal sont alors tout aussi véridiques que sa philosophie est erronée. Toute l’ambivalence d’une telle intrigue se trouve ainsi dans cette captivante exploration d’un méchant qu’il faut pouvoir rendre séduisant et charismatique sans toutefois le glorifier. Portée par une direction artistique soignée et aboutie entre les teintes rouges et noires de la vengeance, « Shadow Lord » offre une première saison sombre, intense et violente qui se clôt sur un final mémorable, tout simplement l’une des meilleures de la saga.

Raphaël Sallenave

 

For the first time, the Star Wars universe ventures into the depths of the dark side of storytelling with this miniseries (5×2 episodes, 20 minutes each) focusing on a villain – and not just any villain – but the iconic Sith assassin from “The Phantom Menace”. The setting this time is a distant planet in the world of local gangs and organized crime, during the early days of the newly established Empire under his former master, Palpatine. Maul is seeking revenge for the betrayal of the former members of the cartel he had come to lead toward the end of the Clone Wars, and thus now positions himself as both a mafia godfather and an ex-Sith Lord, equally vengeful in either of his shadow identities.

For the first time in the Star Wars animated universe, this new series does not introduce new protagonists but instead expands on the already rich backstory of a character who has appeared in numerous films and shows. It is therefore obviously geared primarily toward fans who grew up with “The Clone Wars”, but remains entirely accessible to kids today (by carefully calibrating its violence) and to audiences who haven’t followed the rest of the animated stories (by focusing on new storylines without overrelying on fan service). While other Lucasfilm animated series, such as the excellent “Rebels,” were structured around a one-mission-per-episode format, with the series becoming increasingly mature and less childish from season to season, “Shadow Lord” breaks with these rules by offering an overarching plot that spans the entire season, along with a tone that is much more adult and dark from the very start.

The animation, crafted by Dave Filoni and Brad Rau’s team (The Bad Batch), also marks a significant departure from previous series, adopting a more graphic style that’s a real visual delight, featuring gorgeous colors, stunning matte-painted backgrounds, and an impressive fluidity in the characters’ movements that’s far more dynamic than before. “Shadow Lord” indeed makes great use of the speed and dynamism of its shots and characters, such as lightsaber movements that seem to “bleed onto the frame” or highly elaborate martial choreography, particularly in spectacular lightsaber sequences. It must be said that beyond the artwork, the direction truly embraces its atmosphere, whether during Maul’s most brutal assaults where his lightsaber literally screams the rage of his blows, or in a genuinely terrifying introduction to the Imperial Inquisitors – conveying the sense of dread these characters instill in those around them. We’re really looking at a little gem of animation here!

While the very short runtime of the episodes and the overall arc of this first season may be a bit frustrating, it’s because the plot is expansive and could have used more time (whether in its magnificent locations or its exciting storylines). It’s a crime story that also blends Imperial involvement and Sith manipulation. It’s the story of a character who fights the dark side with the dark side, following in his own master’s footsteps right down to the strategy he applies to his criminal empire. He stirs up conflict between two factions already at odds to eliminate one of them and seize more power. What Sidious achieved on a galactic scale, he replicates at his own level.

But it is also the story of a character who endures his suffering to rise above his wounds. Maul takes on the Empire in a fight that is similar in principle to that of the Jedi, but one he chooses to wage with anger, rage, and aggression. The weapons of the Sith. And this is the soul of the series: where can such a struggle, noble as it may be, lead through the torments of hatred? The perspectives of the local police officer (Wagner Moura) and two fugitive Jedi torn between their values and their life on the run offer insight into the slippery slope that is the dark side – effective as a weapon against oppressors, yet soon trapping those who wield it in a world where everyone’s the monster.

The lessons taught by such a main character are just as true as his philosophy is flawed. The ambivalence of this plot therefore lies in this captivating exploration of a villain who must be portrayed as seductive and magnetic without, however, glorifying him. Thanks to its carefully crafted and well-executed art direction that blends the red and black hues of vengeance, “Shadow Lord” delivers a dark, intense, and violent first season that culminates in a memorable finale – simply one of the best in the franchise.

Raphaël Sallenave

Andor - Saison 2
The Bad Batch - Saison 3