Rsg Production

Illusions Perdues

 
(Lost Illusions)
 
Meilleur Film – Césars
Meilleure Adaptation – Césars
Meilleure Photographie – Césars
Meilleur espoir masculin – Césars
Meilleur Acteur secondaire – Césars
Meilleurs Costumes & Meilleurs Décors – Césars

2021

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« Le but n’est pas d’informer le lecteur, mais de flatter ses opinions. »

Adaptation de l’œuvre éponyme d’Honoré de Balzac « Illusions perdues » parvient avec une longueur nécessaire à nous conter la désireuse ambition du jeune Lucien sous les arcs sombres de nos sociétés pré-libérales.

Portrait féroce des sociétés de l’époque et de la presse Xavier Giannoli, réalisateur du film n’hésite pas à multiplier les allusions à notre présent, déguisant par instant son film tel un manifeste face à la mésinformation constante de nos sociétés. Comme l’annonce la phrase du personnage de Vincent Lacoste, « le journal prendra pour vrai tout ce qui est probable. », l’information est à la merci de l’argent et de la course au profit. Le métier de journaliste n’est alors plus d’informer, mais de satisfaire les actionnaires. Le vrai n’intéresse pas, c’est le bruit qui attire.

Face à un manque cruel de temps, dû certainement à un standard de production le long-métrage prive ses personnages d’une réelle profondeur les soustrayant ainsi aux marques du temps, marques indissociables du livre. Le film reste donc accroché à une réalisation répondant aux standards de l’adaptation littéraire. Le classique réside ici dans le montage autant que dans le cadre et c’est pourtant à eux de nous en écarter. Si le film parvient à traduire cette société du bruit, il oublie cependant d’accorder à ses plans et le silence et le temps.

Si la reconstitution historique semble remarquable, c’est la performance de ses comédiens qui nous plonge avec une certaine froideur dans la fresque balzacienne. Benjamin Voisin incarne avec sublime le héros balzacien dans toute sa profondeur. À ses côtés Vincent Lacoste prend les traits d’Étienne Lousteau, rédacteur en chef d’un journal de l’opposition et écrivain frustré. Salomé Dewaels interprète Coralie, une comédienne de Boulevard qui représente cette barrière sociale incarnée par l’humiliation. Xavier Dolan prête quant à lui sa voix au narrateur de l’histoire, l’écrivain Raoul Nathan.

Dans une critique acérée de la critique elle-même, Xavier Giannoli met à mal la toute-puissance de la polémique dans une société où une simple répartie supplante à elle seule un solide argumentaire. C’est la dictature du bruit.

Sacha Garcia

 

« The purpose is not to inform the reader, but to flatter his opinions. »

Adaptation of the eponymous serial novel by Honoré de Balzac « Lost Illusions » manages with a necessary length to tell us the eager ambition of young Lucien under the dark arcs of our pre-liberal societies.

Fierce picture of the societies of the time and the press Xavier Giannoli, director of the film does not hesitate to multiply the allusions to our present, disguising by instant his film as a manifesto against the constant misinformation of our societies. As the sentence of Vincent Lacoste’s character announces, « the newspaper will take as true everything that is probable », information is at the mercy of money and the race for profit. The journalist’s job is no longer to inform, but to please the shareholders. The true is not interesting, it is the noise that attracts.

Faced with a cruel lack of time, certainly due to a production standard, the feature film deprives its characters of real depth, thus removing them from the marks of time, marks that are inseparable from the book. The film therefore remains attached to a style that meets the standards of literature adaptation. The classic lies here in the editing as much as in the setting and it is however up to them to keep us away from it. If the film succeeds in translating this society of noise, it forgets to give its shots silence and time.

If the historical reconstruction seems remarkable, it is the performance of its actors that immerses us with a certain coldness in the Balzacian fresco. Benjamin Voisin sublimely embodies the Balzacian hero in all his depth. At his side Vincent Lacoste takes on the features of Etienne Lousteau, editor of an opposition newspaper and frustrated writer. Salomé Dewaels plays Coralie, an actress from Boulevard who represents the social barrier of humiliation. Xavier Dolan gives his voice to the story’s narrator, the writer Raoul Nathan.

In a sharp critique of the critics themselves, Xavier Giannoli challenges the omnipotence of polemics in a society where a simple repartee alone supersedes a solid argument. It is the dictatorship of noise.

Sacha Garcia

She Said
Jeanne du Barry