Woman and Child
زن و بچه – (Zan O Bache)
2025/2026

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Mahnaz semble vivre comme dans un rêve : tout se passe bien dans son travail, elle s’entend parfaitement avec sa mère et sa sœur avec qui elle partage un appartement, elle a deux merveilleux enfants (certes quelquefois turbulents), et elle est sur le point de se marier. Mais un accident va tout bouleverser, et les étoiles vont s’aligner pour que Mahnaz en pâtisse.
Synopsis un peu détaillé pour poser le décor du quatrième long-métrage de Saeed Roustaee (après « Life and a Day », « La Loi de Téhéran » et « Leila et ses frères ») cette fois-ci peut-être plus moral que ses précédents. Mais comme dans le film, il faut justement contextualiser son récit. Parce que ce dernier est tout en finesse et tout en subtilité : les personnages, en particulier, sont d’une écriture raffinée, sujets à des ambivalences, des émotions, des paroles et des actions – toutes bonnes ou mauvaises selon les points de vue. Et c’est d’ailleurs via le seul prisme de Mahnaz qu’est racontée cette histoire.
La caméra joue ainsi sur une panoplie de détails visuels d’une qualité à souligner. Que ce soit pour ses superbes plans et cadrages ou pour ses posés mouvements parfois en zooms et dé-zooms, l’image, de surcroît enchanteresse, porte de forts messages non verbaux et de palpables symboliques. Là où un regard exprime bien plus de choses que des mots, des jeux de miroirs, de vitres et de séparations (notamment les récurrents barreaux) illustrent les gouffres mais aussi les parallèles qui délient et relient Mahnaz au reste du monde à qui elle en veut intégralement tant sa souffrance est immense.
Composé de scènes, de dialogues et de situations marquantes voire poignantes, le film interroge les notions de vengeance, de justice et de pardon, Mahnaz étant si aveuglée par sa propre et légitime détresse qu’elle en oublie presque qu’elle pourrit voire détruit la vie des personnes qu’elle juge responsables de tous ses maux. Or, tout n’est pas si simple, puisqu’aucun de nous l’est vraiment. Assez universelle, l’histoire se clôt ainsi avec une certaine prise de conscience de cette complexité, ce qui rend ce long-métrage d’autant plus réussi.
Axel Chevalier
Mahnaz seems to be living a dream: everything is going well at work, she gets on perfectly with her mother and sister, with whom she shares an apartment, she has two wonderful children (admittedly sometimes boisterous), and she is about to get married. But an accident will turn everything upside down, and the stars will align to make Mahnaz suffer.
This is a somewhat detailed synopsis to set the scene for Saeed Roustaee’s fourth feature film (after “Life and a Day”, “Just 6.5”, and “Leila’s Brothers”), which is perhaps more morally charged than his previous works. But as in the film, it is important to contextualize the story. Because it is full of finesse and subtlety: the characters, in particular, are delicately written, subject to ambivalence, emotions, words, and actions – all good or bad depending on your point of view. And it is through the lens of Mahnaz alone that this story is told.
The camera draws on a range of visual details of remarkable quality. Whether through its stunning shots and framing or its deliberate movements, sometimes zooming in and out, the enchanting imagery conveys powerful nonverbal messages and tangible symbolism. Where a glance expresses much more than words, the interplay of mirrors, windows, and barriers (particularly the recurring bars) illustrate the chasms but also the parallels that bind and divide Mahnaz from the rest of the world, which she resents completely, given the magnitude of her suffering.
The film, which is made up of memorable and even poignant scenes, dialogues, and situations, explores the concepts of revenge, justice, and forgiveness. Mahnaz is so blinded by her own legitimate distress that she almost forgets that she is ruining and even destroying the lives of the people she holds responsible for all her troubles. However, things are not that simple, since none of us really are. The story, which is quite universal, ends with a certain awareness of this complexity, which makes this film all the more accomplished.
Axel Chevalier