Rsg Production

L’Élue

 
Keeper
 

2025

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‘‘She’s a keeper’’. « C’est une perle rare ». C’est ainsi qu’est décrite Liz par Malcolm, son compagnon depuis un peu plus d’un an. Pour franchir d’ailleurs un cap dans cette relation, Liz est invitée à séjourner en amoureux dans le chalet de son amant. Mais bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu… Pitch d’apparence très classique d’un film d’horreur dont l’histoire se cantonnerait à une cabane poussiéreuse au milieu d’une forêt dangereuse, mais détrompez-vous, « L’Élue » de notre bien-aimé Osgood Perkins (remarqué récemment pour « Longlegs » et « The Monkey ») sort vite de ce schéma.

Très vite, par le biais de jeux de caméras, de montages et de légers voire très subtils effets spéciaux, ce quasi-huis-clos se charge d’une atmosphère étrange et intrigante. Dès sa séquence introductive composée de poétiques puis glaçants brisements du quatrième mur, le film nous happe dans une ambiance feutrée mais bizarre, plutôt terne, presque gênante aussi – comme peuvent l’être de premières vacances en couple. L’on découvre en effet en même temps que Liz l’architecture sophistiquée de ce chalet luxueux et assez impersonnel dont la caméra nous dévoile quelques éléments troublants par des cadrages un peu décalés. Et si ce malaise de Liz nous est transmis, il perdure et s’accroît au fil des évènements.

Progressivement, le long-métrage entre dans un enchaînement inattendu de scènes, dialogues et hallucinations perturbantes où, par un simple effet de focale, un montage saccadé ou même un sourire saugrenu, l’on finit par se demander si Liz ne devient pas folle voire si elle ne l’était pas déjà, surtout au regard du calme absolu de Malcolm. Ainsi, avec en outre l’affirmation croissante du surnaturel dans l’histoire, « L’Élue » crée une certaine paranoïa cyclique (renforcée par un rythme peut-être irrégulier) vis-à-vis d’une potentielle manipulation de l’une par l’autre. Quoique, peut-être l’inverse, qui sait ? Car l’on finit par plonger dans de la douce puis claire horreur folklorique et ésotérique, où l’on ne comprend pas toujours tout mais dont l’on retient une sensation véritable de mystère.

Axel Chevalier

 

“She’s a keeper.” That’s how Liz is described by Malcolm, her partner of just over a year. To take their relationship to the next level, Liz is invited to stay at her lover’s cabin for a romantic getaway. But of course, things don’t go as planned… It might seem like a very classic horror movie plot, with the story confined to a dusty cabin in the middle of dangerous woods, but don’t be fooled. “Keeper” by our beloved Osgood Perkins (recently acclaimed for “Longlegs” and “The Monkey”) quickly breaks away from this formula.

Very quickly, through camera work, editing, and subtle special effects, this quasi-closed setting takes on a strange and intriguing atmosphere. From its opening sequence, made up of poetic and then chilling fourth-wall breaks, the film draws us into a hushed but bizarre atmosphere, rather dull, almost uncomfortable too – as a couple’s first vacation together can be. Along with Liz, we discover the sophisticated architecture of this luxurious and rather impersonal chalet, whose camera reveals some disturbing elements through slightly off-kilter framing. And while Liz’s unease is conveyed to us, it lingers and grows as events unfold.

Gradually, the movie goes into an unexpected series of scenes, dialogues, and disturbing hallucinations where, through a simple focal effect, jerky editing, or even a weird smile, you end up wondering if Liz is going crazy or if she already was, especially given Malcolm’s absolute calm. Thus, with the growing emphasis on the supernatural in the story, “Keeper” creates a certain cyclical paranoia (reinforced by a perhaps irregular pace) regarding the potential manipulation of one by the other. Although, perhaps it’s the other way around, who knows? Because we end up diving into gentle then clear folkloric and esoteric horror, where we don’t always understand everything but are left with a real sense of mystery.

Axel Chevalier

Longlegs
The Monkey