Aucun Ours
Khers Nist – خرس نیست
(No Bears)
2022

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À la frontière du documentaire et de la fiction entre Khamenei et Erdoğan, « Aucun Ours » met en scène un cinéaste témoin d’une histoire d’amour tandis qu’il en filme une autre. De part et d’autre de la frontière, deux couples sont ainsi menacés par la tradition et la politique iraniennes … auront-elles alors raison d’eux et de leur amour ?
Présenté au Festival international de Toronto et Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, le nouveau film de Jafar Panahi (Taxi Téhéran) est une mise en abyme où tout se brouille : la réalité, le film, la fiction. Il met en scène son propre cinéma ainsi que sa résistance, et interroge sa propre responsabilité de capteur d’image. Comme écho prémonitoire de son emprisonnement actuel à la prison d’Evin depuis plus de quatre mois déjà, il fait preuve d’un profond attachement à son pays et à sa mission de cinéaste de montrer ce qu’il doit et peut montrer en restant chez lui et auprès des siens.
Ce nouvel autoportrait indirect témoigne de ses conditions difficiles de travail, de la question douloureuse de l’exil et du soupçon généralisé encore présent dans le pays. Son propos particulièrement pessimiste ne peut que résonner avec les révoltes que mènent actuellement les femmes en Iran et il est important de souligner que le film a été tourné avant ce soulèvement faisant aujourd’hui naître un nouvel espoir. C’est un film qui honore celles et ceux prêts à tout pour vivre libres et intègres de l’exil impossible à la lutte interne. L’ours est alors le symbole de la peur que provoque le régime et lui permet de tenir la population tout comme le hijab que les femmes menant les révoltes actuelles tentent de faire tomber …
Standing on the border of documentary and fiction between Khamenei and Erdoğan, “No Bears” features a filmmaker witnessing one love story while filming another. On both sides of the border, two couples are thus threatened by tradition and Iranian politics … will it then defeat them and their love?
Presented at the Toronto International Film Festival and awarded the Special Jury Prize at the Venice Film Festival, Jafar Panahi’s (Taxi) latest film is a mise en abyme in which everything is blurred: the real world, the film, the fiction. He stages his own cinema as well as his resistance, and questions his own responsibility as an image-maker. As a foretaste of his current imprisonment in Evin prison for more than four months already, he demonstrates a deep attachment to his country and to his mission as a filmmaker to show what he must and can show while staying in his homeland and with his people.
This new indirect self-portrait bears witness to his difficult working conditions, the painful matter of exile and the widespread suspicion still prevalent in the country. Its particularly pessimistic statement can only echo the current women’s rebellion in Iran and it is important to emphasize that the film was shot before this uprising, which is now bringing a new hope. It is a film that honors those who are determined to live in freedom and integrity, from the impossible exile to the internal struggle. The bear is then the symbol of the fear that the regime generates and enables it to hold the population just like the hijab that the women leading the current protests are trying to bring down…